dimanche , 16 juin 2019

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Le nécessaire déblocage

La visite du ministre de l’Intérieur et de sa délégation à Bechar s’est muée en un véritable parcours du combattant. Plusieurs étapes de cette visite ont connu des tensions et des affrontements entre les forces de l’ordre et des citoyens qui n’en voulaient pas de cette visite et de ces ministres dont ils considèrent le gouvernement, dont ils sont issus, comme illégitime.
Cette sortie sur le terrain des ministres de l’Intérieur, de l’Habitat et des Ressources en Eau est la première de membres de l’exécutif Bedoui. Une première tentative qui ne s’est pas très bien passée. A en croire la couverture de la chaine 3, une chaîne du service public, faut-il le rappeler, là où la délégation s’est rendue, elle n’a reçu que refus et insultes.
L’Algérie est-elle en train de devenir un pays ingouvernable ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Le gouvernement en place est manifestement ligoté, et ses membres ne peuvent sortir au risque de provoquer à chaque fois des émeutes. Car au fond, ce que renseigne cette visite de Bechar, c’est cette dangereuse possibilité de voir le pays sombrer, dans les semaines à venir, dans une paralysie bien plus grave avec des ruptures en produits et insuffisance dans l’accomplissement des services publics et au bout, au ralentissement quasi général de tout l’appareil économique. Une situation qui aura des répercussions bien plus fâcheuses que celles auxquelles nous faisons face aujourd’hui.
Alors face à tous ces risques, n’est-il pas venu le temps d’actionner les articles 7,8 et 12 de la Constitution ? Car l’Algérie est bien au dessus de ces quelques hommes laissés comme des mines par l’ancien président. En terminer avec les 3 «B» et trouver d’autres sorties de crise à même de contenter la rue et surtout de ne pas voir le pays sombrer dans le chaos ou encore dans la paralysie. L’article 102 était un choix judicieux et légal, mais le retard pris dans sa mise en œuvre l’a rendu caduque, d’où l’urgence aujourd’hui d’actionner d’autres mécanismes avant qu’ils ne soient, eux aussi, dépassés par les événements.
Des décisions fortes où toute la classe politique et la société civile doivent être associées. Des politiques et des figures nationales qui doivent prendre leur responsabilité et ne plus se cacher derrière la rue, en continuant à la draguer sans assumer aucune responsabilité. L’Algérie est au dessus de tout et de tous et il est bien temps de le comprendre une bonne fois pour toute.

Par Abdelmadjid Blidi