dimanche , 15 décembre 2019

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Le nouveau Maghreb verra-t-il le jour ?

Le nouveau président tunisien a annoncé son intention de faire de l’Algérie sa première destination à l’étranger. Il va même jusqu’à considérer notre pays de «presque pas» un pays étranger. Autant cette déclaration est flatteuse pour l’amitié algéro-tunisienne et peut annoncer un avenir serein et pourquoi pas, une relance d’une initiative forte entre les deux pays au plan régional. On peut donc rêver à une reprise en main de la destinée du Maghreb par ses propres fils. Et dans cette reprise en main, il y a, bien entendu, la question libyenne à régler dans les plus brefs délais. Les perspectives immédiates seront-elles porteuses d’espoir quant à l’édification du Maghreb ? La question est certainement prématurée, mais il est un fait historique incontournable qui veut que la destinée de chaque pays est intimement liée à la relance de l’UMA. Ce sentiment de relance que se partagent de nombreux citoyens des cinq pays, vient de cette disponibilité de ce «petit» pays du Maghreb à donner plus d’importance au développement des relations avec son voisinage immédiat que d’aller chercher de faux soutiens en Europe et au Moyen-Orient.
Les demandes d’aide, souvenons-nous, clairement formulées par les responsables de la Tunisie et de la Mauritanie en matière économique et sécuritaire, ont eu ceci de réellement intéressant est qu’ils ont donné la preuve qu’il est très possible de cimenter l’unité maghrébine. En montrant une grande disponibilité à l’égard de ses voisins, l’Algérie ne fait que défendre ses propres intérêts et ceux du Maghreb. Et pour cause, et l’histoire récente le prouve quotidiennement, les aides européennes et moyen-orientales sont toujours assorties de certaines conditions qui, au final, mettent les gouvernements des pays dans une situation conflictuelle avec leurs propres sociétés. Ce n’est pas ce que cherchent les Etats de la région.
Les peuples de la région souhaiteraient sûrement que les responsables Maghrébins adoptent une posture, jusque-là, inédite et décident d’une coopération intra-régionale.
Une initiative maghrébine en direction de la Libye, suivie d’un sérieux plan de développement de toute la sous-région, seront des actions salutaires au sens où elles donneront une nouvelle chance historique au Maghreb de s’unir sans intervention étrangère. Cela dit, nous n’en sommes pas encore là, même si la présidentielle réussie en Tunisie constitue un signal positif.

Par Nabil.G