dimanche , 16 juin 2019

Le pessimisme ambiant

«Oran n’est une grande commune que par le nombre croissant de ses habitants». Une phrase que l’on entend souvent dans la bouche de bon nombre d’Oranais pessimistes, ayant perdu toute illusions face à l’état des lieux chaotique qui depuis des décennies, a marqué la gestion et la prise en charge du cadre de vie communautaire. Depuis des années, les politiques locales de Gestion des affaires de la Cité se réduisaient souvent aux actions de colmatage visant à répondre anarchiquement aux besoins sociaux collectifs et aux préoccupations élémentaires exprimées par les citoyens. Souvent empêtrés dans leur délirantes gesticulations politiciennes, d’anciens gestionnaires élus aux commandes des APC, n’ont jamais eu les moyens, ni surtout les compétences, permettant de mettre en œuvre une véritable stratégie de développement et d’amélioration des situations dans tous les domaines de fonctionnement et de croissance de la Ville.
Les Oranais se souviennent de la triste épopée ayant marqué les études et le lancement du grand projet de réalisation du nouvel Hôpital universitaire de l’USTO. Un besoin exprimé au lendemain de l’indépendance, une idée lancée il y a plus de quarante ans, un projet d’études initié il y a maintenant trente ans, revu et corrigé au rythme de chaque changement de décideurs, une opération inscrite il y a vingt ans avant que des crédits ne soient enfin dégagés pour lancer l’opération. On sait que le projet de grande structure régionale sanitaire et universitaire de 1 000 lits, a été réduit à un hôpital de 500 lits. Et au delà des arguments des spécialistes privilégiant telle ou telle autre option, l’Oranais profane, retiendra surtout les lenteurs, les hésitations et surtout les dérives propres à une gestion laxiste et irresponsable du projet.
Des tonnes et des tonnes de béton furent versées anarchiquement sur des espaces pavillonnaires, rendant la structure hospitalière peu fonctionnelle et bien coûteuse en gestion et en entretien. Le projet de la grande mosquée d’Oran, a lui aussi connu de bien longues et curieuses péripéties avant d’être achevé sur un site d’implantation controversé posant des problèmes de stationnement et de circulation.
De l’éclairage des rues à l’entretien des espaces verts en passant par le revêtement des chaussées ou l’étanchéité des plafonds de nos écoles d’importantes enveloppes financières sont dégagées et consommées chaque année sans que les résultats ne soient bien visibles et probants. Réseau routier, Voiries, Hygiène, Santé publique, Transports, Environnement et bien d’autres secteurs restent ainsi marqués par des insuffisances et des carences héritées, accentuant les déficits et forgeant le pessimisme ambiant.

Par S.Benali