dimanche , 15 décembre 2019

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Le peuple sera l’architecte de sa démocratie

Bien que sa seule organisation constitue un objectif en soi, l’élection présidentielle n’a pas moins quelques buts subsidiaires. Il y a bien entendu la campagne électorale et son déroulement, la qualité des candidats et des débats et aussi surtout le niveau qu’atteindra la participation des électeurs. Il faut dire, à ce propos, que par le passé, plus de la moitié des électeurs algériens boudaient les urnes. Cela, pour dire qu’il faut peut-être relativiser ce point, même si les conditions nouvelles qui prévalent pour la prochaine présidentielle, donnent une importance particulière aux taux de participation. Il est évident, en effet, que cet aspect du scrutin refera surface à un moment ou à un autre du débat politique.
En fait, si les conditions optimales de la tenue de la présidentielle sont réunies, et c’est le cas, une participation autour aux alentours des 44% serait un résultat parfait, compte tenu des circonstances. Les Algériens donneront, ainsi la crédibilité qu’il faut au prochain président de la République. Dans le même temps, le «corps électoral» maintiendra l’épée de Damoclès sur la tête les actuels et futurs candidats aux prochaines échéances électorales, à savoir les législatives et les locales qui suivront forcément.
S’il faut faire une lecture objective du processus qui s’enclenche, on pourra constater le cas échéant, l’attachement d’une partie de la société à l’acte électoral en tant que principale expression du peuple pour exercer son contrôle sur les institutions du pays. Sans se faire trop d’illusion sur la gestion future de l’Etat et de leurs communes, les Algériens sauront trouver dans l’acte citoyen de voter, des vertus émancipatrices de la société et une voie réellement pacifique et moderne de faire évoluer les choses dans le bon sens.
Au-delà, donc, de certains aspects «mafieux» qui ont prévalu durant les précédentes campagnes électorales et au moment même de l’opération de vote, les Algériens sauront, cette fois, sanctionner les faux militants et les faux candidats, grâce notamment au nouveau mécanisme d’organisation et de surveillance du scrutin. Cela, n’empêchera pas de constater l’attachement des citoyens à la démocratie en tant que seul moyen de gouvernance du pays.
Les citoyens-électeurs qui feront le choix de marquer de leur voix le scrutin du 12 décembre prochain, auront le mérite d’avoir joué un rôle dans le passage de leur pays d’un système politique à un autre, plus démocratique. Cela pour dire, plus ils seront nombreux à contribuer à la mue de leur République, plus les chances d’avoir un Etat fort et démocratique, seront importantes.

Par Nabil G