lundi , 9 décembre 2019

...:
Le poids de notre jeunesse

Acculé par les conséquences de la lutte contre la corruption qui a touché beaucoup de grands patrons, le gouvernement Bedoui se retourne sur la micro-entreprise pour relancer une dynamique économique en berne, depuis l’avènement du mouvement populaire et surtout, depuis l’incapacité apparente de doter le pays d’un président élu. De fait, le discours et l’action de l’exécutif sont orientés en direction des entreprises ANSEJ.
Cependant, et malgré l’engagement du gouvernement, les chômeurs se sentent, à tort ou à raison, lésés par les annonces de Bedoui que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de purement symbolique, au sens que ce n’est pas un discours, quelle que soit la conviction qui l’anime, qui ferait réussir ou échouer un projet. Le problème vient de cette posture des pouvoirs publics face à la grogne des jeunes qui ressemble à s’y méprendre à un «mea culpa» qui ne dit pas son mot. Cela suppose que l’Etat a quelque peu négligé ce pan de l’économie nationale, que les jeunes sont considérés comme d’éternels adolescents. Il y a dans l’attitude des hautes autorités du pays, comme une infantilisation de la jeunesse. Cela a assez duré et Bedoui donne l’impression d’en avoir tiré les conséquences. Mais cela reste théorique, voire «symbolique», tant qu’on ne voir pas, sur le terrain, des mesures fortes et une campagne digne de ce nom. Disons-le franchement, la bonne volonté de l’exécutif ne nourrit pas son homme et encore moins une jeunesse marquée par la déception.
Le problème en réalité, c’est bien que l’on n’est justement pas dans ce cas de figure. Les jeunes ont toujours été l’une des priorités de nombreux gouvernements qui se sont succédé depuis l’indépendance du pays. Il faut bien rappeler, cependant, que la première fois que l’opinion nationale entendait parler de la reître humaine et de l’énergie que dégageait notre jeunesse, comme une profondeur stratégique de la Nation au plan économique, et pas forcément son sous-sol, date de plusieurs décennies déjà. Mais entre temps, force est de constater que l’on soit resté au stade de vœu et l’on s’est accommodé des milliards du pétrole et l’on a oublié l’autre énergie.
Aujourd’hui que cette jeunesse, avec ses étudiants, ses fonctionnaires, ses cadres et ses chômeurs, a montré une maturité politique exceptionnelle, compte tenu de la conjoncture, il est tout à fait normal que l’on rétablisse les choses et qu’on lui donne la place qu’elle mérite dans les choix stratégiques de la République. Une question demeure néanmoins d’actualité. En prenons-nous le chemin ?

Par Nabil G