vendredi , 15 décembre 2017
<span style='text-decoration: underline;'>Visite de Macron en Algérie</span>:<br><span style='color:red;'>Le poids des mots</span>
© D.R

Visite de Macron en Algérie:
Le poids des mots

Le vœu du président français, on le devine aisément, va au-delà des strictes relations bilatérales, il souhaite s’engager avec l’Algérie dans un processus stratégique de stabilisation de la Méditerranée occidentale et du Continent africain. Le président français n’a pas caché l’ambition de construire un «axe fort» entre les deux pays autour de la Méditerranée, avec un prolongement vers l’Afrique.

Mémoire, économie, visas, bain de foule, tout cela dans une ambiance festive sous un ciel radieux dans un climat printanier. Alger aura rarement vécu des moments aussi plaisants ces dernières années. C’était hier, la capitale recevait le président français Emmanuel Macron. Déjà précédé par une réputation d’un politique en rupture avec le discours néocolonialiste, l’hôte de l’Algérie n’a pas eu grand peine à établir un contact humain avec les Algérois. Visiblement comblé par les interpellations plutôt bon enfant des citoyens sur le parcours de son cortège entre la place de la Grande Poste et la Place de l’Emir Abdelkader, Macron était ravi de faire des selfies et échanger quelques mots avec les badauds venus nombreux pour l’apercevoir. Bien plus qu’une simple curiosité, le président français est porteur d’un nouveau souffle dans les relations algéro-françaises. Les nombreux Algérois qui l’entouraient toute une heure durant, ont vu un homme plus proche des réalités que toute autre personnalité française, ayant foulé le sol algérien. C’est en tout cas, l’avis d’un quinquagénaire qui affirme ressentir une sorte de sincérité dans le contact de Macron avec la foule et affirme avoir un meilleur sentiment pour un avenir meilleur.
Les pressentiments de ce père de famille sont déjà dans les propos et le programme du chef d’Etat français. En effet, dans un entretien accordé à nos confrères El Watan et El Khabar, paru, hier, Emmanuel Macron, a défendu le principe d’un «nouveau rapport» avec l’Algérie. Il ne fait pas dans la nuance et souligne une volonté française de nouer un «partenariat d’égal à égal». Le président français n’a pas caché l’ambition de construire un «axe fort» entre les deux pays autour de la Méditerranée, avec un prolongement vers l’Afrique.
Affichant un net optimisme sur le plan économique, M.Macron n’a pas été moins engageant et engagé sur la question de la mémoire. Ainsi, ses convictions sur la question de la criminalisation de la colonisation n’ont pas changé. «Je suis d’une génération de Français pour qui les crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire», a-t-il affirmé. Mais, a-t-il insisté, il n’est pas question de stagner dans le ressentiment. Il faut, au contraire, «construire un avenir commun et une espérance», a-t-il soutenu.
Le vœu du président français, on le devine aisément, va au-delà des strictes relations bilatérales, il souhaite s’engager avec l’Algérie dans un processus stratégique de stabilisation de la Méditerranée occidentale et du Continent africain. «La France et l’Algérie ont un intérêt commun, celui de la stabilité de la région et la lutte contre les groupes terroristes, qui ont frappé et meurtri à plusieurs reprises nos deux pays», a-t-il confié à nos confrères. Il a ajouté attendre «une coopération totale de tous ceux qui partagent l’objectif d’une paix durable au Mali» et «j’attends beaucoup de l’Algérie dans ce domaine».
Cette généreuse approche de l’avenir des relations algéro-françaises devrait trouver une concrétisation dès aujourd’hui à Paris, à l’occasion de la quatrième session du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) qui sera coprésidée par le Premier ministre français, Edouard Philippe et le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, qui sera accompagné d’une importante délégation ministérielle.
Le Comité intergouvernemental de haut niveau, rappelle-t-on, est un cadre mis en place à la faveur de la Déclaration d’Alger sur l’amitié et la coopération entre l’Algérie et la France, signée en décembre 2012 par le président de la République Abdelaziz Bouteflika et son homologue français, François Hollande, à l’issue de la visite d’Etat en Algérie de ce dernier. La session du CIHN est précédée par les travaux du COMEFA (Comité mixte économique franco-algérien) qui se sont tenus le 13 novembre dernier à Alger et ont été couronnés par la signature de trois accords de partenariat et de coopération économiques. Les membres des deux délégations devront arrêter le nouveau Document Cadre de Partenariat (DCP) pour les années 2018-2022, dont le dernier (2013-2017) arrive à son terme. Selon les premiers éléments d’informations, les travaux du CIHN vont être couronnés par la signature d’une dizaine d’accords dans les domaines économique, pharmaceutique, universitaire, professionnel et culturel.

Alger: Smaïl Daoudi

Le président Bouteflika s’entretient avec son homologue français

Le président de la République Abdelaziz Bouteflika, s’est entretenu mercredi à Alger avec son homologue français Emmanuel Macron, en visite d’amitié et de travail en Algérie. L’entretien a eu lieu en présence du président du Conseil de la nation Abdelkader Bensalah, du Premier ministre Ahmed Ouyahia, du Général de Corps d’Armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire (ANP), du ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel et du ministre des Finances Abderrahmane Raouia. La visite de Macron, qui s’inscrit dans le cadre du partenariat d’exception que l’Algérie et la France sont attelées à bâtir et à conforter, constitue une occasion pour les deux pays d’explorer de nouvelles voies pour renforcer leur coopération et leur partenariat et procéder à une concertation sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun.

Séquence «forte» de la qualité des relations bilatérales

Plusieurs accords seront signés jeudi à Paris entre la France et l’Algérie

Plusieurs accords seront signés jeudi à Paris entre la France et l’Algérie à l’occasion de la tenue de la 4e session du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN), une séquence «forte» de la qualité des relations bilatérales, a-t-on appris mercredi de sources proches du dossier.
La session, qui se déroulera en une journée, sera coprésidée par le Premier ministre français, Edouard Philippe, et le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, qui sera accompagné d’une importante délégation ministérielle. Le Comité intergouvernemental de haut niveau, rappelle-t-on, est un cadre mis en place à la faveur de la Déclaration d’Alger sur l’amitié et la coopération entre l’Algérie et la France, signée en décembre 2012, par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et son homologue français, François Hollande, à l’issue de la visite d’Etat en Algérie de ce dernier.
La session du CIHN est précédée par les travaux du COMEFA (Comité mixte économique franco-algérien) qui se sont tenus le 13 novembre dernier à Alger et ont été couronnés par la signature de trois accords de partenariat et de coopération économiques. La tenue du CIHN à 24 heures de la visite d’amitié et de travail en Algérie du président Emmanuel Macron est considérée à Paris comme une «symbolique forte» qui met en exergue la qualité des relations en la France et l’Algérie appelée à être approfondies «davantage» et soutenues avec une coopération «dense» touchant plusieurs domaines.
Les membres de deux délégations devront arrêter le nouveau Document Cadre de Partenariat (DCP) pour les années 2018-2022, dont le dernier (2013-2017) arrive à son terme.
Ce dernier, signé lors de la visite d’Etat du président François Hollande en décembre 2012, avait défini les grands axes de coopération, tels que le renforcement du capital humain, le développement économique et durable, la bonne gouvernance, la modernisation du secteur public et le renforcement de la coopération décentralisée.
Selon les premiers éléments d’informations, les travaux du CIHN vont être couronnés par la signature d’une dizaine d’accords dans les domaines économique, pharmaceutique, universitaire, professionnelle et culturel. Comme ils seront le cadre pour mettre en perspectives d’autres projets de coopération qui seront, quant à eux, à l’ordre du jour de la prochaine visite d’Etat en Algérie du président Macron qui interviendrait, selon les mêmes sources, au courant du premier trimestre de 2018.
L’Elysée avait indiqué lundi que la visite d’Emmanuel Macron de mercredi sera suivie «ltérieurement» par une autre d’Etat qui nécessite, elle, une préparation, du fait de la place importante occupée par l’Algérie. Selon les données du Centre national de l’Informatique et des statistiques des Douanes (CNIS), publiées en août dernier, les cinq premiers clients de l’Algérie, au cours des sept premiers mois de 2017, sont l’Italie avec 3,5 mds usd (16,9 % des eportations globales algériennes), suivie de la France avec 2,60 mds usd (12,55 %), de l’Espagne avec 2,32 mds usd (11,23 %), des Etats-Unis avec 2,09 mds usd (10,11 %) et du Brésil 1,39 mds usd (6,74%).
Quant aux principaux fournisseurs de l’Algérie, la Chine est en tête avec 5,21 mds usd (19,40 % des importations globales algériennes), suivie de la France avec 2,35 mds usd (8,77%), de l’Italie avec 1,98 mds usd (7,37%), de l’Allemagne avec 1,84 mds usd (6,85%) et de l’Espagne avec 1,75 mds usd (6,53%).