mercredi , 1 avril 2020

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Le poids d’une vie au temps du coronavirus

De quelque point de vue que l’on aborde, la pandémie qui fait mettre un genou à terre à l’humanité, l’on se rend compte que les conséquences seront terribles. Au plan économique, outre le nouvel ordre mondiale qui pointe du nez, il est tout à fait clair que l’après coronavirus ne ressemblera en rien à l’avant. Il est évident que les hommes d’affaires, les politiciens, les travailleurs de tous bords devront refonder leur rapport à l’argent, à la richesse et au travail en tant que vecteur de création de ces richesses. Lesquelles richesses, justement très mal réparties ont fait les beaux jours d’une caste mondialisée qui s’est empiffrée sur le dos des travailleurs. Peut-on imaginer une reconduction du modèle économique de ces 30 dernières années au regard des conséquences que laissera le corona dans le corps économique de toute la planète? La réponse est assurément non. Il est entendu que les grandes multinationales hyper-financiarisées et les spéculateurs de tous bords, n’auront pas la partie facile dans un nouveau monde qui commencera par leur demander des comptes. Ces comptes, ce sont les classes besogneuses qui vont les réclamer. Les centaines de millions de nouveaux chômeurs qui auront perdu leur gagne-pain, non pas parce que le coronavirus les a dépossédé de leur outil de travail, mais parce que l’organisation du monde et la mondialisation qu’il sous-entend, ont fragilisé au maximum les conditions de vie des travailleurs. Quelque soit la nationalité de ces derniers, l’aisance matériel dont ils bénéficient, le coronavirus a montré qu’ils sont tous logés à la même enseigne.
Cela au plan mondial qui, soit dit en passant, changera quasi-radicalement pour laisser place à la montée des nationalismes. Ces derniers reposeront la question de la pratique démocratique. Dans quel régime peut-on s’estimer en démocratie ? La question sera posée, en ce sens que, si la démocratie protège les individus et le totalitarisme les opprime, le coronavirus a démontré que c’est dans les pays «les moins démocratiques» que la riposte a été efficace. L’Italie, la France, les Etats Unis, ces champions de la démocratie ont laissé mourir des milliers des leurs dans une sorte de quasi-indifférence, faussement cachée par une émotion factice. Par contre dans les pays «où l’on ne voudrait pas vivre », la vie des citoyens a bel et bien été préservée. A moins que l’on considère que la liberté occidentale vaut plus chère que la vie mais posons-nous donc la question, quelle vie ?
Par Nabil.G