samedi , 4 avril 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Fonds détournés, presse, relance économique, Hirak…</span>:<br><span style='color:red;'>Le Porte-parole du gouvernement dit tout </span>

Fonds détournés, presse, relance économique, Hirak…:
Le Porte-parole du gouvernement dit tout 

Le ministre dira qu’«il n’est pas question d’enfreindre la poursuite du Hirak qui peut à l’avenir alimenter un système de veille, la naissance d’une nouvelle société civile, d’associations sur de nouvelles bases, et la refondation de la scène politique».

Sans détour et avec la franchise qu’on lui connaît, Amar Belhimer, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement a livré, hier, lors d’une émission de la radio nationale, la vision de l’exécutif sur nombre de questions. Répondant frontalement aux questions de la journaliste et également à celles des auditeurs, le ministre n’a usé de langue de bois et assuré, sur le sujet des fonds transférés à l’étranger qu’un «dispositif sera mis en place sous l’autorité active du ministère de la Justice». Il reste que la mission ne sera pas facile et M.Belhimer admet qu’«il sera difficile de récupérer l’essentiel de cet argent». Le gouvernement entend s’appuyer, révèle le ministre de la Communication, sur la convention des Nations Unies portant sur la lutte contre la corruption, ratifiée en 2005. L’Algérie est donc juridiquement outillée pour recouvrer une partie de l’argent illégalement transféré, même si
le niveau d’application de cette résolution diffère d’un pays à un autre, reconnait le ministre. Il indiquera, à ce propos, qu’«il y a, d’une part, des pays comme les Etats-Unis, l’Angleterre et l’Allemagne qui sont généralement prêts à coopérer pour la restitution des fonds détournés, et, d’autre part, des pays comme la France, où atterrit l’essentiel des fonds algériens, qui se montrent «plus permissifs» envers ces fonds».
La loi française, par exemple, «évoque la possibilité de récupérer les capitaux détournés, pas pour les restituer aux pays d’origine, mais pour les verser dans le trésor public français ou dans un fonds destiné à financer l’Agence de coopération et d’aide au développement», soutient encore M. Belhimer.
Il reste que la récupération de l’argent volé n’est pas la seule préoccupation de l’exécutif, en cela, le porte-parole du gouvernement, met en évidence les objectifs du gouvernement qui mise sur les activités à forte intensité d’emploi, la promotion des ressources locales naturelles et humaines. M.Belhimer révèle que cet objectif sera adossé à une réforme profonde du climat des affaires et une lutte contre le «lobby de l’importation» pour «en finir avec le système rentier, l’informel et la bureaucratie».
S’exprimant en sa qualité de ministre de la Communication, Amar Belhimer a abordé dans la même émission de radio les médias audiovisuels et électroniques. Selon lui, cette branche du secteur de la communication nécessite un «encadrement juridique». Celui-ci sera annoncé en même temps que le caractère de droit Algérien aux chaines de télévision privées sera acquis. Ils transmettront leurs programmes à partir du satellite algérien Alcomsat1.
«Les médias audiovisuels et électroniques seront prochainement encadrés juridiquement car ils sont déjà agréés. Le problème c’est que ces médias évoluaient dans un secteur de non droit car le mode de gouvernance a fait très peu cas de la place du droit comme mode de régulation (…) le droit de la force et non la force du droit qui a prévalu», a déploré M. Belhimer.
«Nous allons faire rentrer dans la matrice juridique un certains nombre d’activités, comme celles relatives à l’audiovisuel qui obéissent à des droits étrangers en ce moment et qui sont portées par des organes de transmission étrangers.
Parallèlement, nous allons encadrer également l’activité de la presse électronique qui réunit pour le moment quelque 150 sites électroniques. Nous leur avons donné l’autorisation d’exercer leurs activités en attendant de les encadrer juridiquement à partir de la semaine prochaine», lors du premier atelier de réforme du secteur de la communication, consacré à la presse électronique, prévu demain.
L’autre sujet qui a été abordé par le ministre, sans complexe et avec franchise, n’est autre que le mouvement populaire. A ce propos, le ministre dira qu’«il n’est pas question d’enfreindre la poursuite du Hirak qui peut à l’avenir alimenter un système de veille, la naissance d’une nouvelle société civile, d’associations sur de nouvelles bases, et la refondation de la scène politique». Il a estimé que «le Hirak est un mouvement populaire autonome béni qui a sauvé l’Etat algérien d’un effondrement annoncé».
Anissa Mesdouf