samedi , 14 décembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Ouvert hier au tribunal d’Alger </span>:<br><span style='color:red;'>Le procès de Ouyahia, Sellal et des ministres reporté </span>

Ouvert hier au tribunal d’Alger :
Le procès de Ouyahia, Sellal et des ministres reporté 

A la mi-journée et à la vue des conditions qui devenaient de plus en plus problématiques pour tout le monde, des avocats ont pris l’initiative de demander un report du procès. Ce qui leur a été accordé, puisque le tribunal de Sidi M’Hamed a reporté le procès.

Il y avait foule, hier, aux alentours du tribunal Sidi M’Hamed à Alger. Les quelques dizaines de citoyens qui n’avaient pas réussi à accéder à la bâtisse, étaient tenus à l’écart par un dispositif policier conséquent. Cette foule est composée de «retardataires». Et pour cause, l’enceinte du tribunal était dès les premières heures de la journée, bondée de monde. Il y avait autant de citoyens, d’avocats, de témoins que de policiers. Vers 10 heures, il était quasi-impossible de se frayer un chemin, tellement la foule était dense. Impossible de trouver une place dans une salle d’audience désespérément fermée au public. Et pour cause, elle était déjà pleine, disent les témoins oculaires. Les avocats et les magistrats qui s’étaient difficilement frayés un chemin jusqu’au prétoire, ne pouvaient objectivement pas procéder à n’importe quel débat. On retiendra que vers 11 heures, les prévenus sont entrés dans la salle d’audience. Il était bien entendu impossible d’apercevoir les principaux accusés que sont Abdelmalaek Sellal et Ahmed Ouyahia, tout comme d’ailleurs d’autres prévenus dans un procès qui promet beaucoup de passion.
A la mi-journée et à la vue des conditions qui devenaient de plus en plus problématiques pour tout le monde, des avocats ont pris l’initiative de demander un report du procès. Ce qui leur a été accordé, puisque le tribunal de Sidi M’Hamed a reporté le procès. Il convient de noter, que ledit procès concerne d’anciens responsables et d’hommes d’affaires accusés dans des affaires de corruption, au 4 décembre en cours, vu que les conditions nécessaires au procès n’étaient pas réunies, selon le collectif de défense des prévenus.
Ces responsables dont les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que d’anciens ministres et hommes d’affaires, sont poursuivis pour «dilapidation de deniers publics, abus de fonction et octroi d’indus avantages à autrui» lors de passation d’un marché en violation des dispositions législatives et règlementaires notamment dans l’affaire programmée aujourd’hui relative au montage de véhicules.
Pour rappel, le juge enquêteur près la Cour suprême, avait ordonné juillet dernier, le placement de Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, à la prison d’El-Harrach, après avoir été auditionnés. En application des dispositions de l’article 573 du code de procédure pénale, le Parquet général près la Cour d’Alger, avait transmis, fin mai dernier, au procureur général près la Cour suprême, le dossier d’enquête préliminaire instruite par la Police judiciaire de la Gendarmerie nationale d’Alger, pour des faits à caractère pénal, à l’encontre de ces deux mis en cause.
Le procès devra reprendre demain, mais il n’est pas dit qu’il se tienne, puisqu’on ne voit pas comment régler la question des conditions de sa tenue en si peu de temps. A moins que des décisions soient prises d’opérer quelques aménagements et faire en sorte à ce qu’un maximum de citoyens puisse assister au procès via un système de vidéo conférence interne au tribunal. Cette manière de faire, a été déjà appliquée avec succès. Il reste que les observateurs se demandent si cela est possible dans l’enceinte, assez étroite faut-il le souligner, du tribunal de Sidi M’Hamed. Rendez-vous est tout de même pris pour mercredi 4 décembre.
Anissa Mesdouf