lundi , 22 juillet 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Dialogue politique pour une sortie de crise </span>:<br><span style='color:red;'>Le processus est sur rail</span>
© D.R

Dialogue politique pour une sortie de crise :
Le processus est sur rail

Abdelaziz Rahabi note que le pays s’engage dans un processus, susceptible de durer et qui ne devrait cesser qu’après qu’ait été dégagée «une solution politique, négociée, consensuelle et pacifique». Et s’il faut un préalable à cela, ce serait, bien entendu, l’établissement de la confiance entre les Algériens et les autorités.

Le forum pour le dialogue, organisé avant hier par une partie de l’opposition, n’est pas à proprement parler le dialogue, mais les premières balises à même de conduire les partenaires politiques à s’entendre sur un véritable processus de dialogue, censé déboucher sur une élection présidentielle démocratique. Ce sont là, en substance, les propos du chef d’orchestre de la rencontre du 6 juillet dernier, à savoir, Abdelaziz Rahabi. Dans un entretien accordé à la chaine 3 de la radio nationale, l’ancien ministre a certes constaté des avancées dans le dernier discours du président de l’Etat, Abdelkader Bensalah, émis la possibilité de dialoguer avec des représentants de l’Etat, mais considéré également que le dialogue auquel appelle M.Bensalah et que souhaite l’ensemble de la classe politique et la société civile, doit être convainquant. Cela suppose, selon lui, une posture encline à favoriser un climat d’apaisement de la part des autorités centrales du pays.
Sans fioriture, Abdelaziz Rahabi évoque des résistances au sein du système. Il dit en vouloir pour preuve, les signaux contradictoires qui sont envoyés à la rue, à travers des décisions qui mettent à mal certaines libertés fondamentales, notamment «l’exercice de liberté de réunion mais également aux interpellations, aux intimidations pendant les marches, à la fermeture du champ de l’audiovisuel public… ».
Cette posture de M. Rahabi, dont l’initiative a été autorisée par les pouvoirs publics, montre que l’ancien ministre ne donne pas un chèque à blanc au pouvoir et entend faire valoir la liberté de l’opposition de critiquer les autorités du pays.
Il reste, cependant, que ces observations ne constituent pas des préalables incontournables et le dialogue semble bel et bien en phase d’amorçage. C’est là une conviction que partage M.Rahabi avec beaucoup d’hommes politiques. Et pour cause, il y a «urgence à parvenir à un accord politique global». La plate-forme qu’offre le Forum national pour le dialogue, a ceci d’intéressant, est qu’elle émane de «représentants de partis politiques et une cinquantaine d’associations de la Société civile et de fédérations professionnelles très représentatives », explique Abdelaziz Rahabi.
Mais cette représentativité ne met pas le Forum à l’abri d’une mauvaise lecture de la situation ou d’une campagne de dénigrement. Pour cela et certainement afin de dissiper d’éventuels doutes, il a démenti les rumeurs annonçant la fixation d’une date pour la présidentielle. Le scrutin sera organisé, lorsque «les Algériens seront convaincus de la sincérité du gouvernement à les organiser dans la transparence », a-t-il insisté. Ayant visiblement saisi l’enjeu de l’heure, Abdelaziz Rahabi note que le pays s’engage dans un processus susceptible de durer et qui ne devrait cesser qu’après qu’ait été dégagée «une solution politique, négociée, consensuelle et pacifique». Et s’il faut un préalable à cela, ce serait, bien entendu, l’établissement de la confiance entre les Algériens et les autorités.
La persistance des manifestations et le rejet de toute élection organisée par les symboles du système finissant, illustre assez bien la problématique et donne un nom à la crise que vit le pays.
Aussi, M.Rahabi préconise-t-il un accord politique global qui devrait intervenir entre les forces politiques. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi garantir aux Algériens le fait que leurs voix pèseront dans la décision politique. Cela se traduira dans les faits à travers un environnement véritablement démocratique où chaque citoyen est censé y trouver son compte.
Nadera Belkacemi