lundi , 16 décembre 2019

Le recensement du vieux bâti: Une énième commission

Le dossier du bâti oranais a été, une énième fois, inscrit à l’ordre du jour d’une réunion des responsables locaux en charge des affaires locales. Présidée par le wali d’Oran, cette séance dédiée aux vieilles bâtisses et aux immeubles menaçant ruine, fait suite au drame survenu le même jour au quartier Choupot après l’effondrement d’une ancienne construction qui a fait deux morts et cinq blessés. Héritant de cet épineux dossier, et de bien d’autres, le nouveau chef de l’Exécutif ne pouvait que saisir l’urgence d’une action coordonnée et efficace pour éviter que ces tragiques événements ne se reproduisent. Dans ce cadre, on a notamment appris que des comités techniques seront mis en place «évaluer les rapports des services concernés par la classification des bâtisses du vieux bâti». En d’autres termes, il s’agit de vérifier, et d’actualiser, le travail qui a été, en principe, déjà effectué depuis longtemps par les services et organismes de contrôle concernés. Toutes les nouvelles habitations à risque, devront donc être contrôlées et classées afin de déterminer leur degré de vétusté. Et pour les vieux immeubles déjà répertoriés et classés, les rapports d’expertise établis par le passé, devront être réexaminés afin d’évaluer leur état des lieux actuel. Selon un architecte oranais, fin connaisseur du dossier du vieux bâti, «les rapports d’expertise de la solidité, ou fragilité d’une vieille construction, ne peuvent être valables qu’une dizaine d’années, si toutefois aucun élément ne vient modifier la structure examinée….Il se trouve que le sous-sol oranais, traversé en certains endroits par des eaux de ruissellement, est connu pour son instabilité. De plus, ajoute l’expert, les anciens modes de constructions le long des rues et ruelles, font que chaque immeuble repose parfois pour sa stabilité sur l’immeuble mitoyen, posant ainsi souvent des problèmes techniques pour les opérations de confortement ou de démolition…Sans parler des extensions et modifications sauvages et illicites qui provoquent une rupture d’équilibre de la vieille construction… Tout cela, conclut notre ami, implique que les rapports d’expertise de l’état des lieux du vieux bâti devaient en principe être réétudiés et actualisés au moins tous les trois ans». Ce qui est loin d’être le cas. En ce domaine, comme dans bien d’autres, il faut bien admettre que le culte de l’approximation, et du laxisme, reste à l’origine de catastrophes et de drames qui auraient pu être évités si chacun respectait strictement les règles et les normes dictées en la matière. Y compris les citoyens «téméraires» qui n’hésitent pas à aller squatter des vieilles bâtisses en ruine ou des sites à risques venant d’être évacués…Le nouveau Wali a le mérite d’avoir ordonné la révision des anciens travaux d’expertise déjà effectués. Mais faut-il croire pour autant que le travail sera accompli dans les règles et dans les délais ?

Par S.Benali