dimanche , 16 juin 2019

Le règne de la prédation et des malversations

Corruption et détournement de deniers publics .Voilà bien un chef d’accusation devenu presque banal et courant pour l’opinion publique qui observe avec lassitude le triste état des lieux de bon nombre de nos communes gangrenées par le laxisme et la prédation. On apprenait la semaine dernière, que le maire de la commune d’El-Kerma allait, à son tour, comparaître devant le juge d’instruction près le tribunal d’Arzew. Des sources proches du dossier, indiquent que son arrestation entre dans le cadre d’une enquête sur des affaires de corruption menée par la brigade économique et financière de la Sûreté de wilaya d’Oran et impliquant le Maire, son épouse, le secrétaire général de la commune et une dizaine d’autres personnes dont un Vice-président et six entrepreneurs. Tout en respectant le sacro-saint principe de la présumée innocence avant tout jugement final par un tribunal compétent, on peut néanmoins, s’inquiéter légitiment de l’ampleur des affaires louches et scabreuses débusquées ici et là sur le terrain de gestion des affaires communales. Des affaires le plus souvent liées à des passations de marchés publics, de commandes de matériel et de services divers, ou d’affectation de foncier industriel dans des conditions jugées non conformes à la réglementation. Selon un observateur averti de la scène locale, le maire d’El Kerma ne se serait sans doute pas «épinglé» si l’histoire contemporaine n’avait pas tourné en défaveur du «célèbre» homme d’affaires Ali Haddad, aujourd’hui incarcéré à la prison d’El-Harrach. Il est vrai, de façon plus générale, que le mouvement populaire «Hirak», a eu également le mérite de briser quelque peu la dalle d’impunité qui protégeait jusqu’ici un certain nombre d’acteurs-prédateurs et d’affairistes installés sur les arènes locales. Et il est vrai aussi, que bon nombre de «mauvaises langues» se demandent pourquoi des «irrégularités» et des «tricheries» dans les procédures de gestion des marchés publics sont «découvertes» aujourd’hui bien plus souvent et plus rapidement que par le passé. La conjoncture a bien évidemment changé en faveur d’une rupture avec les pratiques d’un système aux contours mafieux protégeant les membres du clan et les courtisans inscrits au registre de la prédation féroce et sous toutes ses formes. La passation de marchés ou de commandes publiques, la réalisation de projets, l’achat de matériels et produits divers, ou le recours aux prestataires de services, sont autant de créneaux propices à la corruption et aux malversations. Un fléau qui a depuis longtemps dépassé les normes et les statiques connues dans d’autres sociétés moins gangrenées par la course au gain facile et illicite. Notamment à Oran, où 22 communes sur les 26 que compte la wilaya, seraient concernées par des enquêtes sur des affaires de corruption et de malversation.
Vivement un changement des mœurs et des mentalités…

Par S.Benali