jeudi , 21 novembre 2019

Le secteur de la Santé en manque de rigueur et d’intégrité

La troisième session de l’APW d’Oran qui s’est déroulée en début de semaine, a été en grande partie consacrée à l’examen du secteur de la Santé. Selon le témoignage de plusieurs observateurs ayant assisté à la réunion, l’APW d’Oran a dressé un constat peu reluisant sur l’état des lieux de ce secteur en panne d’efficacité et de crédibilité depuis longtemps. Un constat, partagé même par les responsables locaux du secteur et le Wali d’Oran, et qui a mis en relief les contraintes, les insuffisances et les dysfonctionnements qui gangrènent le fonctionnement des différentes structures sanitaires de la Wilaya. Exemples à l’appui, des élus ont dénoncé une série d’anomalies et de carences observées à travers bon nombre d’établissements. A l’image de ces déchets hospitaliers qui, dans certaines plateformes, sont mélangés et ramassés avec les ordures ordinaires, sans tri et sans précautions, «alors que c’est strictement interdit !». C’était le cri d’alerte d’une élue, militante de la préservation de l’environnement. Le manque de personnel spécialisé, le manque et parfois la pénurie de produits médicaux et de consommables divers tels que les seringues ou le fil chirurgical, les difficultés financières qui affectent les structures hospitalières et bien d’autres contraintes ont été évoquées durant cette réunion de l’APW qualifiée abusivement exceptionnelle «session de dénonciation» de l’état des lieux du secteur de la Santé. Mais beaucoup semblent oublier que ce n’est pas la première fois que des élus locaux se rassemblent pour débattre de ce thème récurrent et dénoncer la dégradation et la régression, observée à travers la plupart des établissements sanitaires et hospitaliers. «..Créer des maternités sans équipements adaptés, dont un bloc d’interventions n’est pas rationnel» avait notamment déclaré le responsable local de la Santé à Oran. Si l’on regarde le grand nombre d’anomalies et d’inepties, qui jalonnent le parcours des réalisations d’infrastructures sanitaires depuis quarante ans, on serait bien choqués et surpris par l’ampleur des gaspillages et des improvisations. Pour illustrer le propos, citons à titre d’exemple l’actuel hôpital pédiatrique de Canastel qui, auparavant devait être une structure consacrée à la chirurgie traumatique. Ou encore cet ancien projet d’hôpital des grands brulés initié en 1994 à Gdyel et annulé dix ans plus tard. Ou encore cette lourde architecture du grand hôpital de l’USTO, qui, loin d’être fonctionnelle, a consommé des tonnes de béton et créé des espaces morts inutilisables. Ou encore ces hôpitaux de Daïra qui ne disposent parfois toujours pas de blocs opératoires. Ou encore ces centres anti-cancers réalisés ici et là, sans vision ni stratégie réelle permettant une sérieuse prise en charge des malades du cancer…En réalité, tout a été déjà dit et écrit sur ce secteur de la Santé malade depuis très longtemps. Mais, curieusement, hier comme aujourd’hui, personne n’ose remettre en cause la fiabilité et la pertinence de la politique sanitaire et de ses incohérences à répétition. Ni encore moins la responsabilité de ces décideurs successifs connus pour leur incompétence et leur fausse légitimité à gouverner un secteur de la Santé en manque de rigueur et d’intégrité.

S.Benali