mercredi , 18 juillet 2018

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Le service public et le «rani fi rezki»

A croire le ministère du Commerce, le taux de suivi du programme de permanence lors des deux jours de l’Aïd, a été largement respecté puisque le ministère avance un chiffre de 99%. Sur le terrain, il est vrai, les choses ne sont pas aussi évidentes que cela, puisque les heures d’ouverture sont plutôt maigres et beaucoup de commerçants ont vite fait de baisser rideaux et se consacrer à leurs obligations familiales. Mais pour une fois on peut dire, du moins pour le moment, que c’était mieux que les années précédentes.
Il faut dire que faire respecter cette note de permanence est un vrai casse-tête pour les autorités publiques malgré les menaces de fermeture et d’amendes qui planent sur la tête des commerçants. Le problème est dans ce fait, que nos commerçants comme nos transporteurs n’ont aucune notion de service public. Ils croient qu’ils n’ont de compte à rendre à personne et que s’ils ferment ou ouvrent leur commerce, cela ne dépend que d’eux, «nakhdam fi rezki». Voilà la phrase qui tue et qui renseigne sur le degré de responsabilité de nos commerçants qui n’arrivent pas encore à assimiler le fait qu’ils sont d’abord au service des citoyens.
Cette absence de notion de service public, nuit grandement au secteur des services et complique davantage le quotidien des Algériens. Bien sûr, la répression entre amendes, fermeture et autres sanctions, restent plus que nécessaires à ce stade, mais ceci ne peut suffire si on inculque pas cette notion à nos commerçants et transporteurs qui doivent saisir qu’ils ne sont pas seulement «khadama fi rezkhome», mais qu’ils ont des comptes à rendre à la société et qu’ils sont tout aussi obligés de servir le citoyen comme toutes les administrations et autres services publics.
Il est bizarre que nous soyons encore l’un des rares pays au monde, où les jours de fêtes, tout est fermé. Ailleurs et en Occident en particulier, ces jours de fêtes, comme la noël ou le jour de l’an, les commerçants sont sur leur «31» et totalement dévoués à leur clientèle car, ils savent que leur meilleur chiffre d’affaire se fait en cette période précisément. C’est en total contradiction avec nos mentalités où le privé profite de cette période pour s’accorder de longs jours de vacances au seul motif qu’il est «fi razkah».

Par Abdelmadjid Blidi