jeudi , 14 novembre 2019

Le squat de sites historiques

Ici et là, à Oran et à travers les communes, des occupants de bidonvilles, des habitants du vieux bâti fragilisé par le temps et l’abandon, des familles mal-logées en attente d’un toit décent, ne cessent de faire entendre leurs voix et d’accentuer les pressions sur la question du logement social et de son affectation dans les meilleures conditions de transparence et d’équité. A la rue de Tlemcen, sur l’avenue d’Oujda, à la rue Meftah à Sidi El Houari, ou encore au centre de transit Diar El âajaza à Es Sénia, on a enregistré la semaine dernière pas moins de cinq «actions de protestation» organisées par des familles en quête de logement ou de relogement dans des conditions décentes. Des «représentants» des familles concernées, font souvent le tour des rédactions des journaux locaux pour exprimer leur détresse, et leur colère, face à ce qu’ils qualifient à chaque fois «d’injustice» dans les procédures d’affectation des logements. Se présentant toujours comme des «exclus» et des «marginalisés» par les opérations de relogement, la plupart de ces citoyens et familles en colère affirment à chaque fois qu’elles résident et occupent le site depuis des décennies…Il est vrai que bon nombre d’occupants de bidonvilles ou de mansardes en ruine, furent recasés provisoirement dans diverses infrastructures communales, locaux, crèches, écoles et fourrières municipales. Une majorité de ces familles ont été relogées dès le début des grandes opérations de recasement lancées au profit des titulaires de décision de pré affectation. Mais selon des sources municipales, bon nombre d’autres familles sont venues s’ajouter au quota initialement recensé, avant la fin de l’année 2007, date annoncée, on s’en souvient, comme ultime délai ouvrant droit au relogement pour les familles venues occuper un site délabré ou a risque d’effondrement. Depuis, de l’eau à couler sous les ponts. Les bidonvilles ne cessent de proliférer, les battisses non démolies réoccupées et même des sites historiques sont squattés ou réinvestis par des familles se déclarant en danger pour «risque d’effondrement» de leur vieil immeuble. Après le relogement des familles occupant le palais du Bey et entravant le projet de restauration de l’édifice, ce fut la semaine dernière au tour de l’historique Mosquée du Pacha d’étre occupée par des demandeurs de logements neufs affirmant que leur immeuble, mitoyen à la mosquée, serait en train de s’effondrer… Un morceau de dalle au dernier étage de l’immeuble s’est en effet «détaché» et effondré, ne causant heureusement aucun blessé. Et en attendant l’expertise technique de l’immeuble ordonnée par le Wali, les familles condernées continueront d’occuper la mosquée El Pacha, un monument historique, lui-même, depuis longtemps, en attente de restauration et de réhabilitation…

Par S.Benali