mardi , 20 février 2018

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Le syndicat aux méthodes quasi-mafieuses

L’initiative de recevoir une délégation du Cnapeste par le ministère du Travail de l’Emploi et de la Sécurité sociale émane certainement du Premier ministère, voire de la présidence de la République. Même si dans la forme, c’est bien Mourad Zemali qui a adressé l’invitation et pilote la nouvelle phase de dialogue après l’échec consommé des tentatives de la ministre de l’Education nationale de raisonner les responsables du syndicat, il reste que la préoccupation causée par le débrayage du Cnapeste, inquiète l’ensemble de la collectivité nationale. A Blida et Bejaïa où les lycéens sont au bord de l’année blanche, la situation est des plus critiques et l’énervement des élèves et de leurs parents peut faire tâche d’huile et toucher l’ensemble des wilayas du pays en cas de prolongation du mouvement de grève du Cnapeste. Cette perspective inquiétante suffit, en elle-même, à faire tirer la sonnette d’alarme, même si l’avenir des jeunes écoliers reste toujours la priorité des pouvoirs publics.
Si c’est le cas, pourquoi donc ces pouvoirs publics n’accèdent-ils pas au desiderata des grévistes et qu’on revienne à une situation normale dans le secteur de l’Education nationale ? La question est tout à fait légitime. La ministre de l’Education nationale et un certain nombre de syndicats ont déjà répondu. Il en ressort des propos de l’une et des autres que les revendications du Cnapeste sont déjà prises en charge par plusieurs commissions mixtes ministères-syndicats qui planchent dessus. Même si l’on peut mettre en doute la véracité des déclarations ministérielles, il est difficile de démentir tous les autres syndicats du secteur.
Où est donc le problème ? La réponse est dans les conflits de Blida et Bejaia. Dans ces deux wilayas, le Cnapeste s’est permis un comportement quasi-mafieux, en voulant imposer sa volonté aux directions de l’Education. Ce sont, en réalité, les «revendications» totalement injustifiées que le syndicat veut voir réaliser sur le terrain. Il est question de petits conflits personnels entre un syndicaliste et un administratif.
La mission du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, sera prioritairement de raisonner les responsables du Cnapeste qui mettent l’avenir de millions d’élèves dans la balance pour de banales histoires d’égo. Mais si cette entrevue ne débouche sur rien, il sera du devoir des pouvoirs publics de prendre les mesures coercitives qui s’imposent à l’endroit des responsables du syndicat et des enseignants grévistes. Il n’est pas question de sacrifier l’avenir des enfants par un syndicat aux méthodes quasi-mafieuses.

Par Smaïl Daoudi