dimanche , 16 juin 2019

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Le temps des amères récoltes

Voila une autre provocation du président américain en direction de la Syrie mais aussi de toute la nation arabe. Une provocation certes, mais surtout une décision qui lève le voile sur les raison tues de cette guerre livrée à la Syrie. Une guerre destructrice qui a fait des milliers de morts et jeté à l’exil des millions de personnes.
Officiellement, cette guerre entrait dans ce nouvel angélisme occidental qui voulait enfin faire profiter les citoyens arabes de cette démocratie tant désirée et de rayer de la carte ces multiples despotes comme Bachar El Assad. Une propagande savamment menée et qui a leurré plus d’un, y compris dans notre région, mais qui s’avère à la fin un diabolique scénario dont la finalité n’aura été que d’affaiblir une grande partie du monde arabe et offrir les fruits de toutes ces dérives à Israël.
Ainsi voilà qu’une bonne partie de ces machiavéliques desseins éclatent au grand jour, avec l’intention de Donald Trump qui se dit prêt à reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan. « Après cinquante-deux ans, a tweeté le locataire de la Maison Blanche ce jeudi, il est temps pour les Etats-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d’Israël sur le Golan, qui a une importance stratégique pour l’Etat d’Israël et la stabilité régionale ». Pas moins que ça.
Aujourd’hui que la guerre en Syrie tire vers sa fin, selon toutes les données sur le terrain, les intentions font jour, et les Américains comme les Israéliens veulent déjà s’accaparer ce pour quoi ils ont monté et mené cette guerre. Ils veulent le faire maintenant, car ils savent que le régime syrien est faible et que cette guerre l’a esquinté sur le plan militaire, mais aussi diplomatique, et ils ont jugé qu’ils ne pouvaient plus attendre et matérialiser les raisons de leur sale besogne dès maintenant.
Maintenant que le monde arabe est à genoux et que plusieurs de ses leaders ont clairement fait le choix de l’allégeance à Trump et Netanyahu. Mais ceci, aussi dur qu’il puisse paraitre, n’est que le début d’un démembrement de la Syrie mais aussi d’autres pays arabes qui ne sont pas à l’abri de tout ce qui a été préparé et se prépare encore dans les laboratoires des grandes puissances occidentales.
Pour cette fois il ne faut pas croire que cette décision de Trump est une décision intempestive, comme il nous en a habitués par le passé. Non pas du tout, car le Golan pour Israël était bien sur la table bien avant le début de la déstabilisation de la Syrie en 2011. Et ce n’est peut être là que le début de bien mauvaises surprises pour notre pauvre monde arabe.

Par Abdelmadjid Blidi