mardi , 28 janvier 2020

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Le temps des grands doutes

Les démocraties occidentales ne sont pas dans leurs meilleurs jours. Elles ont perdu de leur sacralité et sont sujettes à la critique et aux interrogations. C’est comme si quelque chose s’essoufflait dans ce mécanisme qui pendant longtemps a été le modèle sans faille de la gouvernance et de la liberté.

Bien sûr la question centrale qui doit être posée aujourd’hui, c’est de savoir si cette situation est le fait du système en lui-même ou des hommes qui ont en charge la destinée de ces grands pays. Les critiques à l’intérieur même de ces pays, se font entendre à longueur de journée, de plateaux télévisés et de comptes sociaux. Tout ou presque tout est remis en cause par les uns et les autres et tous ont la fâcheuse sensation de voir quelque chose de sacré se perdre sous leurs yeux. Et pour leur malheur sans pouvoir y remédier. Le peuple décideur n’est plus aussi souverain que l’exige la philosophie de ce mode de gouvernance. Il y a comme une rupture consommée entre l’élite et les peuples, et cela se traduit souvent sur le terrain par des brutalités que l’on ne croyait possible que dans les régimes totalitaires. Ça se traduit aussi par la paralysie des institutions et des remises en question et en cause des parlements et des gouvernements. C‘est pour nous résumer, le temps des grands doutes.

Ce qui se passe en France, en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, secoue les convictions. La France est depuis plus d’un an avec les Gilets Jaunes et depuis une semaine avec la nouvelle loi des retraites, un grand champ de batailles entre les services de l’ordre et les manifestants. Des scènes de guérilla urbaines qui annoncent la fin des débats apaisés au sein des représentations des peuples. Le parlement n’est plus ce réceptacle du débat et de la contradiction. Le débat est jeté dans la rue, et de ce débat il n’en reste plus que la violence.

En Grande Bretagne, la société est plus divisée que jamais et la succession des rendez- vous électoraux n’a pas tranché. Encore une fois, c’est le retour aux urnes et encore une fois, il n’est pas dit que ce sera la fin des divisions concernant le Brexit, mais aussi de bien d’autres choses qui divisent les Britanniques et remettent en cause leur modèle de gouvernance.

Aux Etats-Unis, les choses sont encore pires qu’ailleurs. La grande démocratie au monde voit tous ses vieux démons refaire surface. Du racisme assumé aux doutes du patriotisme concernant le premier citoyen américain, à savoir le président Donald Trump, aujourd’hui concerné par une procédure de destitution qui a divisé en deux le pays et mis en guerre déclaré les deux grands partis du pays à savoir les démocrates et les républicains. La haine a pris le pas sur la raison et les Américains se demandent aujourd’hui, si cette démocratie qui fait monter à la plus haute fonction de l’Etat des politiques comme Trump, n’est pas arrivée au bout de sa logique. Le seul fait de poser une telle question, est déjà en soi la fin d’un modèle.

Par Abdelmadjid Blidi