dimanche , 24 mars 2019

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Le temps des réponses

Les choses s’accélèrent en Algérie. A deux jours de la fin de l’étude des dossiers de candidatures à la présidentielle par la Conseil constitutionnel et des résultats qui seront annoncés, la mobilisation dans la rue ne faiblit pas.
Une mobilisation, qui bien au contraire, devient de plus en plus forte et touche tout le territoire du pays sans aucune exception. Mais cette mobilisation a ses limites et il faut aujourd’hui prendre des décisions politiques claires et fortes pour répondre aux revendications qui ont été soulevées par la population depuis le 22 février. Il faut manifestement une réponse politique urgente et capable de faire tomber cette tension palpable chaque jour aux quatre coins du pays.
Il y a urgence, car quand les enfants sortent dans la rue, ce n’est jamais bon signe. Jusqu’à aujourd’hui tout semble être bien maîtrisé, et les manifestants ont fait preuve d’un civisme qui a ébahi le monde entier. Mais il suffit d’un vent de panique de quelque part que ce soit pour que tout cela change du tout au tout. Et personne ne veut de cela, car cela ouvrirait la porte à toutes sortes de dérapages dont l’Algérie n’en a pas besoin.
Les manifestations pacifiques observées jusque là ont levé des revendications entonnées chaque vendredi, et elles attendent des réponses. On ne peut ignorer cette pulsation forte qui vient de la rue et qui a vu des Algériens d’horizons et de conditions sociales différentes exprimer un profond désir de changement à tous les niveaux.
L’Algérie n’a aucun intérêt à verser dans la division, mais à se mettre d’accord autour de ce qui peut être le mieux pour le pays afin de sortir de cette crise, qui quoi que l’on dise, n’est qu’à ses débuts, mais qui si elle dure peut déboucher sur tout, y compris le pire. Il ne s’agit pas de jouer à l’alarmiste, mais juste de dire qu’il faut maintenant désamorcer cette bombe et tracer le chemin à suivre pour ne rien regretter au bout de cette fabuleuse histoire, qui ne doit se terminer que sur un consensus national capable de maintenir l’unité de pays. Une unité revendiquée par toutes les parties et qui doit guider toutes les solutions de sortie de crise qui pourraient être prises, nous l’espérons dans les plus brefs délais.
La sortie des enfants dans la rue, cet appel à la désobéissance civile (que beaucoup d’activistes engagés rejettent), ne peut en aucun cas être rassurant. Pour cela et pour d’autres raisons encore, le temps aujourd’hui ne peut être qu’aux réponses et moyens de sortir de la crise.

Par Abdelmadjid Blidi