vendredi , 24 mai 2019

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Le temps des solutions

Plus de deux mois que cela dure, et le hirak n’a pas pris une seule ride. La mobilisation de la rue n’a pas fléchi et l’enthousiasme du premier jour reste toujours intact. Malgré toutes les victoires obtenues, à commencer par l’arrêt du cinquième mandat et la démission de l’ancien président de la République, la rue continue de revendiquer et d’appeler à cette nouvelle république qu’elle veut sans les symboles de l’ancien régime, qu’elle appelle à leur départ chaque vendredi.
Ceci pour dire que contrairement à ce qu’avancent certains, cette mobilisation n’a pas été vaine. Son pacifisme n’a de pareil que sa détermination à aller au bout de ses revendications. Mais il reste qu’à ce jour, les agendas ne sont plus les mêmes. Le pouvoir tient toujours à sa feuille de route initiale et compte aller à ces élections présidentielles du 4 juillet, qui ne font pas l’unanimité. Loin de là, la rue, comme une grande partie de la classe politique, appelle à revoir les choses et estiment qu’il est impossible d’organiser ces joutes électorales dans le temps qui leur est imparti par la Constitution, et qu’il s’agit de mettre en place un mélange de Constitution et de solution politique pour sortir de cette impasse. Une solution qui reste possible en actionnant les articles 7 et 8 de cette même Constitution.
Car au bout de ce formidable élan populaire, il s’agit bien de déboucher sur un nouveau système de gouvernance qui réponde aux aspirations des Algériens. Et même si un début de consensus commence à se dégager sur la nécessité d’aller vers des élections présidentielles au lieu d’une constituante qui pourrait s’éterniser, il reste néanmoins ce différend sur la date à arrêter, mais aussi et surtout sur les hommes qui auront à accompagner et mener cette période de transition.
Donc , l’urgence pour le moment est d’arriver à se mettre d’accord sur ces deux points essentiels pour pouvoir avancer dans la bonne direction, et surtout éviter au pays une crise économique et financière qui est une menace réelle qui risque de peser très lourd lors de la prochaine rentrée sociale.
Deux crises qui en s’ajoutant à la crise politique actuelle risquent de paralyser le pays pour une longue durée et rendre toute solution bien plus compliquée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Et l’Algérie, au vue des tensions internes mais aussi des dangers de la situation sécuritaire qui caractérise notre région, ne peut pas se permettre cet état de statut quo plus longtemps.

Par Abdelmadjid Blidi