dimanche , 17 novembre 2019

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Le temps du réalisme

Bensalah a déroulé sa feuille de route. Une grande partie de l’opposition s’est réunie et a amorcé un début de dialogue appelé à être approfondi et enrichi. Des gens dans ce pays ont enfin saisi que la seule réelle urgence aujourd’hui est de jeter les bases d’une sortie de crise. Les perspectives du statut quo que vit le pays n’augurent rien de bon. Et un minimum de patriotisme doit dicter à chacun de sortir de son enfermement idéologique et de ses penchants populistes pour se mettre à la hauteur du défi présent.
Car si les choses restent en l’état encore plus et si la crise actuelle s’installe encore plus, nous risquons de déboucher sur des scénarios catastrophes dont il serait bien compliqué de s’en sortir. Car à la crise politique actuelle viendra se greffer une profonde crise économique qui engendra automatiquement une violente crise sociale qui arrachera tout sur son passage.
Ceux qui pensent, par de bas calculs politiques, que cette crise les sert pour faire passer leurs dogmes et leurs doctrines, se trompent de combat. Car il faut d’abord sauver la patrie, car tout ne sert à rien si on oublie que c’est d’abord l’Algérie qu’il faut sauvegarder. Il est malheureux de voir certaines parties verser dans le populisme de bas étage et de se prétendre les défenseurs du hirak, en faisant le choix de tourner en rond et nous proposer leur fameuse dialectique de « la thèse, l’antithèse et la synthèse ». Autrement dit, faire entrer le pays dans des discussions byzantines qui peuvent durer une éternité, alors que la maison brûle et qu’il s’agit d’éteindre l’incendie avant qu’il ne devienne incontrôlable et que la situation n’échappe à tout contrôle.
Aujourd’hui que l’Etat, à travers M. Bensalah, a clairement signifié qu’il n’a aucune intention d’être partie prenante dans les divers mécanismes de la prochaine élection présidentielle, la logique et le patriotisme voudraient que les forces vives saisissent cette opportunité pour mettre en place le meilleur système pour aller vers des élections transparentes et propres comme notre pays n’en a jamais connues auparavant.
Continuer à faire dans cette surenchère sans fin, c’est reconnaître à demi mot, que certains ont d’autres agendas que ne partagent pas la majorité des Algériens et qu’ils refusent même. Car ceux qui ont investi les rues et qui ont fait tomber l’ancien régime l’ont fait pour l’Algérie et non pour plaire à certains donneurs d’ordre extérieurs, qui ne veulent pas forcément le bien de l’Algérie.

Par Abdelmadjid Blidi