dimanche , 15 décembre 2019

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Le temps nous est compté

Quelle lecture faut-il faire sur les dernières déclarations du ministre des Finances ? Faut-il en être inquiet ou plutôt rassuré ? Difficile de sortir avec des convictions quand on lit le tableau dressé par le premier argentier du pays.
Dans le tas et en tirs nourris, voici la situation financière du pays. « Des réserves de change de 72,6 milliards (mds) de dollars à la fin avril 2019 (soit deux ans d’importation), un endettement extérieur équivalant à 1% du PIB, une dette publique interne à 37,2% du PIB à fin 2018 (contre 26,7% en 2017), un prix moyen du baril de pétrole à 63,93 dollars(-6,4% par rapport à la même période en 2018) et un taux d’inflation à 3,6% à fin mai 2019 ». Pour le ministre, c’est là une situation jugée confortable.
Mais les chiffres comme chacun le sait, peuvent être lus de plusieurs manières et sous de multiples facettes. Pour beaucoup, les réserves de change ne cessent de se fondre. La marge de manœuvre de l’Algérie n’est pas si grande que cela, et le recours à la planche à billets est là pour le rappeler. A cela, il faut ajouter un prix du pétrole fluctuant et loin d’être stable malgré les efforts des pays producteurs. Mais aussi il faut prendre en compte que l’Algérie, conformément à ces accords, produit moins qu’auparavant. Donc, les entrées en devise forte ne peuvent plus atteindre les sommets du début des années 2000.
Mais le plus grave reste cette impossibilité à remettre en marche une économie toujours dépendante des hydrocarbures. Malgré tous les plans de relance mis en place, la production nationale reste tout simplement insignifiante et incapable de créer les richesses à même d’inverser la courbe. Le risque de voir le chômage augmenter et les licenciements se multiplier n’est pas du tout une simple vue de l’esprit. Le risque est bien là.
Et si on doit ajouter à tout cela, la situation politique actuelle, il faut admettre que l‘on risque de se réveiller sur des jours bien plus sombres que ceux auxquels nous faisons face présentement.
Il est plus qu’urgent aujourd’hui d’avoir des institutions élues et légitimes capables de mettre en place les mécanismes nécessaires pour ne pas voir tout s’effondrer d’un coup. Le temps nous est compté et un rapide retour à la normalité sera un gage fort, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, car nos grands partenaires économiques ont besoin de voir clair et de reprendre la dynamique de coopération qui ne peut souffrir d’aucun retard.

Par Abdelmadjid Blidi