vendredi , 23 août 2019

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L’économie inquiète

Les structures de l’Etat se disent mobilisées pour trouver une solution à l’équation de l’économie nationale. Il est vrai que le climat est, on ne peut plus lourd et les perspectives ne sont pas très positives, notamment pour les nombreuses entreprises, dont les comptes sont bloqués en raison de l’emprisonnement de leurs patrons. Le Premier ministre qui a mandaté son ministre de l’Industrie et du Commerce pour trouver une sortie de crise pour ces entreprises et partant, diagnostiquer le «mal algérien», ne croit pas si bien faire. Et pour cause, la situation que vit l’Algérie en matière économique est, disons-le, assez préoccupante. Tous les «coups de starter» donnés par l’Etat pour faire démarrer le moteur économique, aboutissent à un court renflement, puis c’est le silence qui prédomine. Il n’est pas besoin de sortir d’une grande école pour constater que la dynamique qui devrait suivre les initiatives publiques, est encore et toujours aux abonnés absents. On ne sent pas le frémissement habituellement constaté un peu partout dans le monde après un discours, un engagement concret, une réduction de telle ou telle autre taxe. Bref, il n’y a pas grand-chose. Le moteur Algérie ne tourne que pour importer des biens de consommation. Et là, il y a urgence. Il suffirait de savoir que les prévisions très optimistes, faut-il le relever, sur les prix de l’or noir, ont toutes les chances de ne pas se concrétiser sur le terrain, pour comprendre l’empressement un gouvernement qui cache assez mal son inquiétude.
Ça ne va pas très fort, c’est certain. Non pas seulement parce que l’administration reste à des années lumières du 21e siècle, mais parce qu’il semble que la machine économique nationale est structurellement inopérante. Elle l’est tellement que l’Etat a décidé de revenir sur une doctrine qu’on croyait irréversible, il n’y a pas si longtemps. Il ne veut plus réguler. D’ailleurs, il n’y a pas grand-chose à réguler. Bref, l’Etat entend redevenir acteur de plein droit de la scène économique nationale, en tentant de casser les prix des véhicules, et faire quelques économies de devises fortes. Cela fait de lui le seul acteur, pourrait-on dire. Cette attitude «envahissante», participe de cette nouvelle-ancienne logique qui place l’Etat au centre de tout. Ce n’est peut-être pas la meilleure chose à faire, mais il fallait bien faire quelque chose pour donner le change à une opinion publique, déjà stressée par une rentrée sociale problématique.

Par Nabil G