vendredi , 19 avril 2019
<span style='text-decoration: underline;'>DG de la CNR</span>:<br><span style='color:red;'>L’équilibre financier de la Caisse demeure extrêmement précaire</span>

DG de la CNR:
L’équilibre financier de la Caisse demeure extrêmement précaire

La caisse nationale des retraités (CNR) n’arrive pas à sortir de la zone rouge et frôle toujours la faillite. Soutenue par l’Etat depuis plusieurs années, en lançant une multitude de plans de soutien, la caisse n’a toutefois pas pu se soustraire d’une crise financière étouffante.

Les difficultés au sein de la CNR sont d’actualité et cette situation est due à une croissance modérée des recettes de cotisations, a affirmé jeudi dernier à l’Assemblée Populaire Nationale (APN), le Directeur Général de la caisse, Slimane Mellouka.
Devant les membres de la Commission de santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle de l’APN, M. Mellouka a mis l’accent sur les raisons d’une telle difficulté.
Il a affirmé d’emblée, que l’équilibre financier de la CNR demeure extrêmement précaire. «Cette situation n’a pas changé, et ce, malgré des mesures prises par les pouvoirs publics dans ce sens», a-t-il affirmé.
Il a ensuite expliqué les raisons ayant engendré la stagnation de la caisse dans le rouge.
Pour le responsable, l’aggravation des déficits de la CNR est due essentiellement à la croissance modérée des recettes de cotisations, notamment durant la période 2015-2018 avec un taux de couverture des dépenses par les recettes, qui est passé de 81% en 2014 à 56% en 2018″, mais la situation demeure extrêmement précaire.
Les difficultés viennent aussi de l’évolution effrénée des dépenses avec un taux accroissement annuel moyen de 18% entre 2010 et 2018, en raison notamment de la revalorisation annuelle des avantages de retraite, des augmentations salariales substantielles en 2012, avec des effets rétroactifs jusqu’à 5 ans et l’augmentation massive des départs en retraite avant l’âge légal.
Pour remédier à cette situation, le responsable a étalé les mesures prises, ces dernières années, par l’Etat.
Les pouvoirs publics ont engagé une réflexion de fond sur le régime de retraite des travailleurs salariés en vue d’améliorer ses comptes financiers à moyen et long terme et d’en assurer la viabilité.
Une démarche qui a abouti à l’abrogation de l’ordonnance 97-13 à compter du 1er janvier 2017, et à l’instauration d’un contribution de solidarité (taxe douanière) au taux de 1% applicable aux opérations d’importation de marchandises mises à la consommation en Algérie, en vue d’augmenter les ressources financières de la CNR. Des aides ont été aussi octroyées à la Caisse pour pouvoir verser les pensions et les allocations aux retraités.
Par ailleurs, M. Mellouka a rappelé le recours à la solidarité inter-Caisse et à l’intervention de l’Etat à travers une contribution exceptionnelle pour l’année 2018 d’un montant de 500 milliards de dinars (art 110 de la loi des Finances 2018).
Pour ce qui est de l’année en cours, le président de la République a pris une décision visant à octroyer à la CNR un prêt par le biais du Fond national d’investissement (FNI) estimé à 600 milliards de dinars.
Quant aux d’autres mesures, M. Mellouka a affirmé que la CNR est en train de penser à mettre en place d’autres taxes ou impôts pour avoir des recettes supplémentaires.
«Nous sommes en train de renforcer le contrôle pour récupérer les dus en matière de cotisation dans le cas des impayés, des sous-déclarés pour lutter aussi contre l’informel afin de renflouer les caisses», a-t-il déclaré, imputant cette période critique au nombre des cotisants qui est de 2 travailleurs pour un retraité au lieu de 5 travailleurs pour un retraité. Le DG de la CNR a évoqué le texte de loi en cours d’élaboration permettant aux ressortissants algériens établis à l’étranger et désirant cotiser pour bénéficier, à l’avenir, d’une retraite.
Il a fait savoir que ce texte de loi sera soumis à qui de droit pour être examiné. «Dès qu’il sera finalisé, il entrera en application dans les meilleurs délais», a-t-il indiqué.
Alger: Samir Hamiche