jeudi , 21 novembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Mohamed Loukal présente le Projet de loi des Finances 2020 devant l’APN </span>:<br><span style='color:red;'>Les ambitions mesurées du gouvernement</span>

Mohamed Loukal présente le Projet de loi des Finances 2020 devant l’APN :
Les ambitions mesurées du gouvernement

Les réserves de change connaîtront une contraction à 51,6 fin 2020 ce qui représente 12,4 mois d’importations sans facteurs de production. Le PLF 2020 prévoit également, une baisse de 8,6% à 7.823,1 mds en matière de dépaenses publiques, un recul de 1,2% dans les dépenses de fonctionnement et de 18,7% en termes de dépenses d’équipements.

Le ministre des Finances Mohamed Loukal, a présenté hier, le projet de loi de finances (PLF 2020) devant l’Assemblée populaire nationale (APN). L’exercice n’était franchement pas difficile, en raison de la nature très sociale de cette loi. Toutes les mesures en faveur du pouvoir d’achat de la population ont été maintenues. Ce sont au contraire les grosses fortunes qui seront concernées par un nouvel impôt, qui sera prélevé sur la fortune. Les transferts sociaux quant à eux, sont maintenus en l’état et s’élèvent à près de 1800 milliards de dinars. Mais cela n’empêche pas et le ministre des Finances le souligne, que le projet de loi a été élaboré dans «un contexte international particulier, caractérisé par une fluctuation du marché de l’Energie qui a rendu plus vulnérables les pays exportateurs de pétrole et les a amenés à entamer une profonde réflexion pour assurer des ressources financières permanentes». M. Loukal n’a pas manqué de dire aux députés que le rétablissement des grands équilibres budgétaires et des équilibres extérieurs s’impose face au maintien d’une «grande pression» sur le Trésor de l’Etat.
Le ministre qui s’est solidarisé avec son prédécesseur au poste qu’il occupe sur la question du recours à la planche à billets, affirmant que ce mode de financement a été imposé par la situation financière du pays. On apprendra dans sa présentation que 6555 milliards de DA ont été imprimés depuis la prise de la décision jusqu’en janvier dernier. Cela a fait grimper la dette publique intérieure de l’Algérie à 41,4% du PIB, fin 2019. Cette situation qui met à mal les équilibres financiers du pays, n’a pas empêché le maintien de la politique sociale de l’Etat pour préserver le pouvoir d’achat du simple citoyen.
L’Etat veille à maintenir un certain niveau d’investissement à même de réaliser une croissance économique et de créer des postes d’emplois. L’année prochaine connaîtra «une amélioration considérable» en ce qui concerne les recettes de la fiscalité ordinaire qui s’élèveront à 300 milliards de DA grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale, à l’amélioration du recouvrement et à la lutte contre la fraude fiscale, selon M. Loukal.
Quant aux dépenses des administrations publiques, connaîtront «une baisse» grâce au recul du train de vie de l’Etat, de même que les dépenses seront, en général, rationalisées notamment en ce qui concerne les importations, a indiqué le premier responsable du secteur.
Concernant l’encadrement, le PLF 2020 a été élaboré sur la base d’un prix référentiel du baril de pétrole à 50 dollars et un prix de marché du baril à 60 dollars et ce, pour la période allant jusqu’à 2022 ainsi qu’un taux de change de 123 da/dollar pour 2020. Il prévoit également, une croissance économique à hauteur de 1,8%, le même taux pour la croissance hors hydrocarbures et une augmentation du taux d’inflation à 4,08% en 2020. Le texte prévoit une augmentation des revenus des exportations des hydrocarbures en 2020 de 2% par rapport à 2019 pour atteindre 35,2 milliards de dollars (contre 34,5 milliards de dollars en 2019) et ce, en raison d’une augmentation de 2,06% des quantités des hydrocarbures devant être exportées.
Quant aux importations, le projet de loi prévoit leur baisse de 13,3% à 38,6 milliards de dollars en 2020. Les importations des marchandises devraient baisser de 12% et celles des services de 16%.
Le déficit de la balance des paiements devrait atteindre -8,5 milliards USD en 2020 contre -16,6 milliards USD en 2019, soit une baisse de 8,1 milliards USD.
Les réserves de change connaîtront une contraction à 51,6 fin 2020 ce qui représente 12,4 mois d’importations sans facteurs de production. Le PLF 2020 prévoit également, une baisse de 8,6% à 7.823,1 mds en matière de dépenses publiques, un recul de 1,2% dans les dépenses de fonctionnement et de 18,7% en termes de dépenses d’équipements.
Nadera Belkacemi