mardi , 7 avril 2020

Les cités et quartiers marginalisés…

Un projet d’aménagement des abords de la 1ère Rocade entre l’échangeur de la RN4 et le complexe olympique a été lancé jeudi dernier par les autorités locales. Pas moins de 700 millions de DA seront ici consacrés à des travaux de terrassement, assainissement, voirie, éclairage public, paysagisme, traitement de talus, mise en place d’un muret décoratif, réalisation de glissière de sécurité et autres opérations d’aménagement de ce tronçon routier important menant de l’aéroport au complexe olympique de Belgaid. Et pour tous les observateurs, il est bien évident que ce projet répond au souci d’amélioration de l’image urbaine officielle à l’approche du rendez-vous sportif international de 2021. Même les responsables locaux du secteur des Travaux publics concerné, cités par la presse locale, clament haut et fort cet objectif d’aménagement et d’embellissement des façades et des trajets officiels dans le cadre de la «préparation des prochains jeux méditerranéens». Ce qui fait dire à nos mauvaises langues réunies au café des lamentations, que «ces JM 2021 auront le mérite d’avoir boosté l’achèvement de quelques travaux d’aménagement routier qui, en principe, auraient du être menés et finalisés avec ou sans ce grand événement sportif…». Ce tronçon autoroutier, connu pour ses embouteillages et ses désagréments liés au piteux état des lieux de la chaussée et du décor urbain, sera donc aménagé et même reconfiguré sur près de 7 km en autoroute 3×2 voies, avec l’aménagement de nouvelles bandes d’arrêt d’urgence et le traitement des giratoires existants. Il est vrai, comme l’aurait souligné le Wali d’Oran, qu’il s’agit-là du parcours principal qu’emprunteront les officiels et les délégations participantes aux futurs JM de 2021. Les nombreuses visites du Wali sur cette RN4, plus connue sous le nom de route de l’aéroport, prouvent s’il le fallait, l’importance et l’attention devant être accordées à toutes les actions inscrites au registre des préparatifs de la 19ème édition des JM. Mais s’il semble juste, voire logique, d’accorder la priorité à l’aménagement et l’embellissement des endroits de la ville les plus visibles au regard des visiteurs, les observateurs locaux s’interrogent et s’inquiètent même des risques d’aggravation des déséquilibres urbains entre les zones-vitrines de la cité et les cités et quartiers marginalisés. A l’image des 1245 Lgts de l’USTO qui attendent en vain une relance des travaux d’amélioration urbaine dans leur cité…

Par S.Benali