dimanche , 29 mars 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Usines d’assemblage de véhicules</span>:<br><span style='color:red;'>Les concessionnaires soutiennent le ministre Bedda</span>

Usines d’assemblage de véhicules:
Les concessionnaires soutiennent le ministre Bedda

Pour ce qui concerne le quota d’importation pour l’année en cours, le ministre a révélé que les licences seront libérées sous peu, avec un contingent de 25.000 voitures seulement. Un chiffre très loin d’agir sur les prix des véhicules.

En critiquant la démarche de son prédécesseur sur le montage automobile, le nouveau ministre de l’Industrie et des Mines savait ce qu’il disait. Pour preuve, il a réitéré ses propos sur le plateau d’une émission de la chaîne Ennahar TV. Mahdjoub Bedda a ainsi qualifié les deux usines d’automobiles fonctionnelles de Renault et Hyundai, ainsi que celle de Volkswagen dont l’entrée en production interviendra dans les tout prochains jours, d’«importation déguisée». Le propos est assez dur, mais néanmoins assumé par le ministre qui, parlant au nom de l’Etat, soutient: «Nous n’avons pas atteint nos objectifs. Il faut encourager ce secteur mais pas de cette manière.(…) Il faut redresser». La sentence est donc tombée, mais elle a trouvé un accueil très favorable auprès de l’association des constructeurs et concessionnaires algériens (AC2A). Le bilan fait par le ministre, semble donc agréer les concessionnaires.
Dans un communiqué publié hier, l’AC2A affirme que «suite aux déclarations reprises récemment dans la presse nationale relatives à l’activité de montage de véhicules», elle «tient à confirmer son support le plus actif aux orientations de développement structurel de l’industrie automobile en Algérie».
Un enthousiasme très largement justifié, avec derrière l’espoir de voir les quotas d’importation bondir dans les prochains mois. Il est à souligner cependant, que le communiqué des concessionnaires n’évoque en aucun cas la problématique des licences d’importation et se contente de soutenir que l’industrie automobile «ne pourra s’ancrer durablement que par la densification d’un véritable réseau de sous-traitance industrielle, accompagné d’un transfert de technologie et d’une politique de formation continue». Le ton est donc encourageant, sauf que ce discours a toujours été tenu par le gouvernement sortant. L’association note, comme pour signifier que ses membres étaient mis à l’écart, que «l’implication de l’ensemble des parties, le Gouvernement et les pouvoirs publics, les investisseurs et les fabricants, est fondamentalement nécessaire pour assurer un développement maîtrisé de cette industrie».
L’AC2A qui refuse de parler des usines d’assemblage, affirme dans son communiqué, que «le développement industriel de la pièce de rechange et des composants automobiles est une étape prioritaire dans le développement de l’industrie automobile». Sans dire comment cela pourrait-il être possible, le communiqué appuie tout de même le principe.
«Cette industrie fortement structurelle, offre par ailleurs des opportunités d’exportation solides pour notre pays», lit-on dans le communiqué, affichant la conviction des concessionnaires quant à «l’implication des PME-PMI (qui) est une approche nécessaire pour s’assurer du succès durable de notre industrie».
La réaction opportune de l’AC2A, est de nature à conforter la position du ministre de l’Industrie et des Mines. Lequel a annoncé la constitution d’«un groupe de travail qui a travaillé durant le Ramadhan. Nous avons sollicité des experts en dehors du secteur et les résultats n’étaient pas satisfaisants». Et le ministre d’insister: «Quand vous allez acheter une voiture, vous ne la trouvez pas». Et quand vous trouvez la voiture, son prix est plus élevé qu’à l’étranger. Les voitures sont plus chères et les exonérations sont importantes». M. Bedda appelle à stopper «l’hémorragie».
Pour ce qui concerne le quota d’importation pour l’année en cours, le ministre a révélé que les licences seront libérées sous peu, avec un contingent de 25.000 voitures seulement. Un chiffre très loin d’agir sur les prix des véhicules.

Alger: Smaïl Daoudi