mardi , 26 mars 2019

La planète brûle…:
Les conférences sur le réchauffement climatique s’essoufflent

Une cinquantaine de chefs d’Etats et de gouvernements, 158 pays représentés, une édition perçue comme la plus décisive pour limiter le réchauffement de la terre, menaces de chaleur extrême dans le monde les quatre prochaines années. Et pourtant, le quatrième round de la COP, affiche son impuissance à rapprocher les grandes puissances industrielles sur la nécessité de réduire les émanations de gaz. A Katowice en Pologne, la conférence de l’ultime patine depuis son lever de rideau le 3 décembre dernier. Aucune prémice de concession de la part des ultras pour décarboniser la planète ne se dessine. Tous agrippés au manteau de Donald Trump, ces vassaux du président américain ne croient pas au défi «Neutralité carbone 2050», proposé par les experts de l’ONU, plus précisément au travers du programme de l’Institut du Développement Durable et des relations Internationales, l’IDDRI. Bien au contraire, ils s’éloignent de leurs engagements à limiter le réchauffement de la planète au dessous de 2 degrés C par rapport à l’ère préindustrielle. Les récalcitrants ne s’émeuvent point lorsque l’Agence des Nations Unis pour l’Environnement, adjure tous les pays à tripler leurs efforts pour limiter expressément leurs émissions de gaz à effet de serre. Déjà, cette COP 24 entamée dans un contexte politique difficile, n’augurait d’aucun succès retentissant. Emmanuel Macron, «le champion de la Terre» n’avait pas rejoint ses homologues en Pologne, même si les observateurs qualifiaient le rendez-vous de Katowice comme le plus important et le plus déterminant après la conférence de Paris en 2015, quelques encablures avant la fin du mandat présidentiel de François Hollande. Les COP s’enchaînent et s’effritent, en raison des engagements des Nations qui pourtant avaient commencé par encenser la COP 21. Sous les effets du consensus et du champagne, des engagements avaient été distribués sous le chapiteau de la fête. Sur le terrain, leurs applications ramènent à des mirages. Insuffisants et tardifs, le génocide de la terre se lit déjà à l’horizon.
Une nouvelle méthode numérique prévoit «des températures anormalement élevées dans le monde pour un avenir proche». Même si le Laboratoire d’océanographie physique et spatial de l’Université de Bretagne occidentale, ainsi que l’Université de Southampton, ont démontré que les années 2018 à 2022 devraient vivre des pics anormaux de chaleurs, les irascibles protecteurs des énergies fossiles n’entendent pas rebondir en dehors des effets de serre. Tout se passe comme si ces dirigeants réfractaires s’accommodent de leur vieux costume de «Après moi le déluge». Dans ce tournant sensible, les deux nouveaux vecteurs d’espoir émanent de la Chine et de l’Europe, hormis l’Allemagne. Sinon le front qui lutte contre le réchauffement de la planète se fissure, dans la foulée des Etats-Unis et du Brésil dont le tout frais et impétueux président s’est empressé à annoncer son retrait de l’accord de Paris. Jair Bolsonaro, le président de ce pays qui détient 60% de l’Amazonie, ce «Poumon de l’Amazonie», entend bien se démarquer des conférences sur le réchauffement de la terre: il a déjà retiré sa candidature pour abriter la COP 25 prévue du 11 au 22 novembre 2019, histoire de verser dans l’original. A l’instar de Donald Trump dont il épouse les frasques politiques, tel le prochain transfert de l’ambassade brésilienne à Tel Aviv vers El Qods.
Voici des leaders politiques qui ne s’offusquent pas des 42 pays africains et asiatiques qui risquent de disparaître sous les déforestations cumulées, les incendies ininterrompus qui rayent des cartes des gisements d’oxygène infinis, comme la Californie, ou encore les dangereuses remontées des eaux qui commencent à inonder de nombreux archipels et îles. L’une des grandes batailles des COP, c’est de rendre justice à ces contrées pauvres et démunies. La tâche est titanesque. Les périls climatiques ne sont plus sélectifs, illustrations parfaites livrées par le gigantesque incendie des forêts de la Californie. Mais Donald Trump et Bolsonaro, pour ne citer que ces deux chefs d’Etat, se croient toujours protégés et intouchables par les effets de la nature. Le monde entier déraille. Jusqu’à ce que les cruautés et les vérités du bouleversement climatique mettent fin à leurs délires.
Par Fayçal Haffaf