vendredi , 19 avril 2019

...:
Les dates-repaires de l’histoire

Malgré l’importance de l’événement, la fête de la victoire qui coïncide avec le 19 mars de chaque année, est passée presque inaperçue, compte tenu de l’actualité politique du moment. Tous les Algériens comprennent cette hiérarchie dans le traitement de l’information, mais n’oublient certainement pas que le 19 mars 1962 est une date-repaire dans l’histoire de leur pays. D’ailleurs, les références aux combats libérateurs dans les marches populaires, témoignent de l’attachement du peuple à la glorieuse guerre de libération nationale. Les citoyens, aujourd’hui libres et indépendants, n’oublient pas la douleur de la période coloniale, même si l’écrasante majorité ne l’a pas vécue.
Cela, pour dire que ce que vit l’Algérie aujourd’hui comme dynamique de changement générationnelle, ne peut en aucun cas occulter un passé glorieux pour les Algériens, mais également douloureux pour tout le peuple et surtout criminel pour l’Etat français qui refuse toujours de dénoncer le système coloniale et s’en désolidariser. On entend, en effet, que la France d’aujourd’hui, continue de trouver quelques «qualités» à sa présence en Algérie. Le pouvoir à Paris ne le dit pas à haute voix, mais il est indéniable que la communication politique de ce pays n’est pas très nette, notamment sur la question des crimes coloniaux. L’on sent bien cette tendance à la «glorification» d’un passé pourri, non pas dans les discours des politiques, mais dans les travaux audiovisuels que l’on a produit. Les documentaires français sur l’ère coloniale, tentent systématiquement de trouver des circonstances atténuantes. En d’autres termes, ils veulent bien reconnaître la cruauté du système colonial, mais évoquent systématiquement l’alibi de la réaction à la violence révolutionnaire. Ils invitent leur auditoire à méditer sur des «faits» et font du Premier novembre 1954, le point de départ d’argumentaires. Les plus «osés» de leurs films documentaires sur l’Algérie, effleurent à peine le massacre de Mai 1945. C’est pour cette raison qu’il est impératif de toujours célébrer le 19 mars, qui symbolise la fin d’un système inhumain que les Européens ont imposé à des centaines de millions d’Africains, d’Indiens, d’Américains et d’Australiens.
On pourrait nous répliquer que le monde a changé. Le temps n’est plus aux massacres à grandes échelles, notamment de la part de la France qui soigne son image auprès de l’opinion internationale comme la Nation des droits de l’homme. Nous autres Algériens disons que les massacres continuent sous une autre forme. La Libye, la Syrie, le Mali sont autant d’agressions néocolonialistes aussi féroces. C’est justement pour cela qu’en ces temps d’incertitudes politiques, les Algériens doivent savoir que le colonialisme n’a pas vraiment disparu. Il a juste changé de visage.

Par Nabil G