lundi , 21 octobre 2019

Les dérives chroniques à l’hôpital d’Oran

On a appris il y a quelques jours, que la direction du Centre hospitalo-universitaire d’Oran CHUO, a  déposé «une plainte contre X» pour sabotage et destruction d’un appareil de radiologie, «une développeuse numérique» se trouvant au service des urgences médico-chirurgicales. Suite à un «arrêt» de l’équipement, le technicien chargé de la maintenance, intervenant pour la réparation, a révélé qu’il ne s’agit pas d’une «panne technique» mais bel et bien d’un acte de sabotage. L’appareil, indique-t-on, a été vandalisé, car, «des fils se trouvant à l intérieur de la machine, ont été sectionnés». Un rapport détaillé avec photos à l’appui, a donc été établi par le chargé de la maintenance et le dossier a été transmis au procureur de la République. Affaire banale, diront bon nombre, voire même très courante dans cet Hôpital connu pour les pannes récurrentes de ses équipements de radiologie et même d’autres services tels que la cardiologie. «Ce qui semble intéressant et original, c’est bien la plainte contre X déposée par les responsables» nous lance un commentateur de l’actualité locale. Il est vrai que depuis toujours, les pannes, longues et trop fréquentes des appareils de radiologie de l’Hôpital, n’ont jamais cessé d’être vainement dénoncées par les patients et les familles de malades contraints de se déplacer vers les cabinets et cliniques privées pour compléter leurs examens. Il fut un temps où des médecins et des spécialistes chirurgiens, exerçant dans le privé en vacation légale ou non autorisée, étaient, à tord ou à raison, soupçonnés de certaines graves dérives réelles ou supposées. Les vols de produits, d’appareillages, d’instruments, de fil chirurgical et autres consommables coûteux, étaient souvent signalés sans trop de détails ni d’investigations pour découvrir les auteurs. Seules les spéculations et la rumeur laissaient entendre que certains agents, techniciens et médecins, se livraient à ce genre de pratiques pour «gonfler leur revenu». On se souvient qu’à Mdina Jdida, il y avait même des marchands informels qui proposaient à la vente des stéthoscopes, des tensiomètres, des outils de petite chirurgie et d’autres produits de provenance douteuse et inconnue. Aujourd’hui, il semble bien que certaines choses ont changé. La direction du CHUO, en prenant la décision de déposer plainte, a voulu surtout marquer les esprits et faire appel à toute la communauté médical afin de préserver les équipements et faire preuve de vigilance en signalant toute dérive et dépassement nuisible au bon fonctionnement des services de l’hôpital d’Oran.
Par S.Benali