mardi , 20 février 2018
<span style='text-decoration: underline;'>Le Cnapeste et le Camra font pression</span>:<br><span style='color:red;'>Les desseins inavoués d’une grève</span>
© Ouest Tribune

Le Cnapeste et le Camra font pression:
Les desseins inavoués d’une grève

Au niveau strictement syndical, les deux grèves n’ont pas raison d’être poursuivies pour la simple raison que les ministères de l’Education nationale et de la Santé planchent sérieusement sur les revendications exprimées par les syndicats.

Le Conseil des médecins résidents algériens (Camra) et le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’Education (Cnapeste), ont marqué la journée d’hier, avec le premier une marche au cœur de la capitale et le second une série de Sit-in devant les Directions de l’Education au niveau des wilayas. Si le premier a quelque peu «impressionné» les Algérois par sa manifestation pacifique, mais très bruyante, le second a fait «choux blanc» dans la grande majorité des wilayas. Le gros des troupes grévistes du Cnapeste reste concentré dans trois ou quatre wilayas seulement.
C’est là l’actualité du front social qui donne l’impression d’un «déjà vu» avec son lot de redondance et de lent glissement vers une situation susceptible de conduire à un état de tension regrettable. Les Algériens qui suivent avec un certain désenchantement le développement de ces deux mouvements syndicaux, constatent que ces derniers, bien que légaux, refusent d’appliquer des décisions de justice. Il faut savoir, en effet, que les deux grèves ont été déclarées illégales par les tribunaux, ce qui revient à considérer l’ensemble des grévistes comme hors-la-loi. L’argumentaire de la Justice ne peut être que recevable et il est dit qu’une décision de Justice ne doit pas être commentée, mais appliquée. Il se trouve, cependant, que la Camra, comme le Cnapeste sont passés au dessus d’une institution de la République et continuent leur mouvement dans l’illégalité la plus totale.
Cela au plan juridique. Au niveau strictement syndical, les deux grèves n’ont pas raison d’être poursuivies pour la simple raison que les ministères de l’Education nationale et de la Santé planchent sérieusement sur les revendications exprimées par les syndicats. Dans n’importe quel pays au monde, lorsque les revendications sont strictement socioprofessionnelles, l’ouverture d’un dialogue conduit automatiquement à l’arrêt du débrayage et le début d’une phase «très technique» de négociation où le bon sens est généralement le dénominateur commun des interlocuteurs.
Ce qu’on voit sur la scène actuellement, contredit cette logique et pousse les observateurs à s’interroger sur les visées profondes des syndicalistes, représentant les résidents et ceux, censés défendre les intérêts des enseignants de l’Education nationale. Si pour les premiers, il est très possible de leur accorder le bénéfice de la jeunesse, puisque c’est leur première action sur le terrain, pour les syndicalistes du Cnapeste, par contre, il est très difficile de croire à leur version des faits. Ils savent que leur mouvement est illégal et se cachent derrière une prétendue notification qu’ils n’auraient pas encore reçue. Ils maintiennent le caractère illimité de leur débrayage et en appellent au ministre du Travail pour leur trouver un intermédiaire, visiblement autre que la ministre de l’Education nationale. En fait, il n’est pas très difficile de voir dans le jeu du Cnapeste. Ce syndicat qui a pris le soin d’éviter toute politisation de son discours, sa démarche paraît éminemment politique. Les autres syndicats qui ont pointé un doigt accusateur à son endroit, mettent à nu les véritables intentions du Cnapeste.
Il suffirait de voir jusqu’où peut aller cette grève pour comprendre que l’intention de ce syndicat consiste à créer une sorte de situation d’exception dans l’un des secteurs les plus sensibles de la vie du pays. L’objectif n’est donc pas socioprofessionnel. Les animateurs du Cnapeste n’ont veulent pas prioritairement que des enseignants puissent passer à des grades supérieurs sans examens. Cette préoccupation est partagée par d’autres syndicats et est à l’étude dans des commissions mixtes. En fait, leur principal souci, est d’affaiblir la ministre de l’Education nationale pour provoquer un arrêt brutal de la machine des réformes de l’Education nationale. L’attitude du Cnapeste amène à penser que derrière cette agitation, il y a une cible politique clairement identifiée.
Alger: Smaïl Daoudi