dimanche , 15 décembre 2019

Les enjeux de la responsabilité citoyenne

Le projet d’aménagement urbain achevé en 2016 au lieu dit Ravin blanc, « El Cantera » sur la route du port, a coûté des millions de dinars pour la réalisation d’espaces verts, d’éclairage public et de cascades d’eau. Salué et applaudi par les citoyens juste après sa livraison, il y a moins de trois ans, ce projet semble avoir disparu de la carte, offrant au regard des oranais et des visiteurs, un triste et désolant décor de dégradation totale et d’abandon. Un confrère de la presse locale faisait remarquer hier que les dégâts considérables seraient estimés à plusieurs millions de dinars.
Les équipements électriques, les points lumineux, les armoires de commande électrique, le mobilier, rien n’a été épargné par le vol et les actes de vandalisme. Même la clôture de cet espace vert et le portail en fer forgé n’ont pas échappé au pillage. Ni même les équipements hydrauliques, tuyauterie, avaloirs et bouches d’égout. Tout a été pillé ou détruit, à l’exemple des bancs en granit installés sur cet espace vert qui devait en principe offrir aux familles oranaises un espace de promenade et de détente. Mais ici, comme ce fut le cas dans bon nombre d’autres sites à travers la ville, l’espace aménagé a été abandonné aux vagabonds sans abris, aux délinquants potentiels et alcooliques qui ont transformé l’endroit en lieu de beuveries nocturnes, comme en témoignent les canettes et les bouteilles qui jonchent les lieux.
Beaucoup, aujourd’hui, dénoncent le fait que ce nouvel équipement urbain a été laissé à l’abandon, sans aucune forme de gardiennage ni de gestion, sans aucune surveillance de la part de l’administrateur concerné, en l’occurrence le secteur urbain El Makkari de la commune d’Oran. Interrogé par notre confrère sur la responsabilité d’une telle situation, le directeur de l’Urbanisme et de la Construction a souligné que « le rôle de la DUAC en tant que maître de l’ouvrage est de veiller à la réalisation et au suivi du projet. Une fois réceptionné, l’ouvrage est sous la responsabilité de l’organisme utilisateur, c’est-à-dire la commune d’Oran.. ».
De son coté, un gestionnaire municipal explique qu’après la réception provisoire d’un projet «la surveillance et le gardiennage du site incombe aussi aux entreprises ayant réalisé le projet ». Des entreprises qui de leur coté, ne partagent pas ce point de vue, mais se voient, aujourd’hui, refuser la restitution des cautions de garantie de cinq pour cent (5%) à dix pour cent (10%) du montant du marché. Mais au delà du débat juridique sur la responsabilité de ces actes de vandalisme et des importantes sommes d’argent gaspillées, les oranais anonymes ne peuvent que pointer du doigt globalement «les gouvernants locaux» jugés incapables d’assurer la mission élémentaire d’entretien et de gardiennage d’un espace urbain aménagé…
Faisant ainsi l’impasse sur le grave déficit de mobilisation et de sensibilisation autour des enjeux de la responsabilité citoyenne toujours reléguée au registre de l’accessoire et du renoncement par bon nombre d’acteurs du mouvement associatif pourtant bel et bien impliqués…

Par S.Benali