dimanche , 16 juin 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Au 16e mardi de leur mobilisation </span>:<br><span style='color:red;'>Les étudiants affichent leur unité</span>

Au 16e mardi de leur mobilisation :
Les étudiants affichent leur unité

Malgré tous les aspects positifs que l’on peut énumérer concernant la nouvelle révolution des Algériens et de leurs étudiants, force est de constater que la situation politique est plus que jamais dans l’impasse.

Pour le 16e mardi consécutif, depuis le début du grand mouvement populaire, les étudiants ont réaffirmé leur immense solidarité et leur impressionnante maturité devant les défis qui attendent l’Algérie. Dans l’ensemble des villes universitaires où la voix des étudiants s’est élevée, les observateurs ont clairement constaté l’unité de l’action et l’absence de toute dimension idéologique dans la formulation des revendications, éminemment politiques. Ainsi, en réclamant un Etat civil et une démocratie véritable, les manifestants de toute obédience idéologique ont prouvé une grande capacité au «vivre-ensemble» et surtout une détermination à donner à la légitimité de l’urne tout le poids qu’elle mérite dans l’Algérie d’aujourd’hui. Les appels des étudiants, à Alger, Oran, Constantine, Tizi-Ouzou et dans d’autres villes universitaires, ont ceci en commun, est qu’ils accordent au suffrage universel honnête et transparent une importance capitale. « Ce n’est pas un objectif en soi, mais dans l’étape que traverse l’Algérie, le respect des choix populaires constituent un but stratégique», explique le jeune Yahia, étudiant en Pharmacie. Conscient que le vote n’est pas le seul attribut de la démocratie, le jeune étudiant n’en n’attribue pas moins, pour l’heure, l’accès à la réalité des votes, un acte stratégique pour mettre en place les jalons d’une société véritablement démocratique. De fait, le refus de voir Bedoui et Bensalah organiser la prochaine élection présidentielle, relève, insiste Yahia, «d’un souci largement partagé par les Algériens de s’assurer que pour cette fois, la voix des citoyens ne soit pas détournée». C’est le sens que donnent les étudiants à leur lutte et c’est l’engagement qu’ils prennent devant le peuple, en leur qualité d’élite de ce pays.
Si le mouvement estudiantin a gagné en épaisseur et en maturité, cela se voit justement dans la maîtrise de la lutte des mots d’ordre et d’une vision saine de l’Algérie de demain. Ainsi, indépendamment de leurs tendances politico-idéologiques, les étudiants ont marqué, hier, l’âme et l’histoire de l’Algérie indépendante.
A leur 16e mardi de mobilisation, ils ont fait montre d’un esprit patriotique et très mûr, quant à leur responsabilité dans la direction de la révolution pacifique et leur volonté d’en faire l’une des plus belles de ce 21e siècle.
En face de la déferlante des étudiants qui étaient plusieurs milliers à Alger, il convient de mettre en évidence le comportement parfaitement professionnel des services d’ordre qui ont su encadrer les marcheurs, sans qu’on est besoin de signaler le moindre incident. C’est dire qu’entre les étudiants et les institutions de la République, le courant passe assez bien, ce qui augure d’un avenir serein. En tout cas, même si la contestation pacifique des universitaires semble s’être sérieusement installée dans la durée, les retombées positives à moyen et long terme, sur les rapports entre les citoyens et les instances de la République, sont indéniables. En attendant et malgré tous les aspects positifs que l’on peut énumérer concernant la nouvelle révolution des Algériens et de leurs étudiants, force est de constater que la situation politique est plus que jamais dans l’impasse.
Yahia Bourit