vendredi , 24 mai 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Pour leur 12e manifestation depuis le début du mouvement populaire </span>:<br><span style='color:red;'>Les étudiants ouvrent le bal pour le prochain vendredi</span>

Pour leur 12e manifestation depuis le début du mouvement populaire :
Les étudiants ouvrent le bal pour le prochain vendredi

Ils étaient plusieurs milliers à travers le territoire national avec dans quelques wilayas, des pointes dans la participation et un creux dans d’autres. Les universitaires ont dit au peuple algérien que l’important, ce ne sont pas les hommes, mais les institutions qui gagneraient à se démocratiser.

Les étudiants ont confirmé, hier, leur détermination à poursuivre leur mouvement de contestation du système. Dans plusieurs wilayas du pays, avec un niveau de mobilisation variable d’une ville universitaire à une autre, les manifestants ont scandé les slogans habituels du mouvement populaire.
Plus affinés dans la formulation des revendications et, surtout, plus organisés et forcément plus «stratège » que la masse populaire des vendredis, les étudiants donnent la nette impression de vouloir prendre la tête de la révolution du sourire. Dans toutes les wilayas où ils ont exprimé une grande volonté de tenir bon, jusqu’à l’aboutissement de leur lutte, les universitaires se sont tout simplement posé comme les principaux garants de la pérennité du mouvement populaire. En ce 12e mardi de mobilisation depuis le début des grandes marches, les étudiants donnent le signal de ce que sera la prochaine mobilisation à l’échelle de toute la société. Hier, donc, ils étaient plusieurs milliers à travers le territoire national, avec dans quelques wilayas des pointes dans la participation et un creux dans d’autres. Mais pour Nadir, étudiant en informatique, «ce n’est pas une baisse de la mobilisation.
Ceux qui ne sont pas venus aujourd’hui (hier NDLR) n’ont pas abandonné. Ils se mettent en réserve, en quelque sorte». Il veut dire par là, si dans un proche avenir, la cause estudiantine se retrouve obligé de faire une très grande mobilisation, «tout le monde répondra présent», insiste notre interlocuteur. Cette conviction, Nadir la partage avec beaucoup de ses camarades qui n’hésitent pas à afficher une détermination, sans commune mesure dans l’histoire des luttes étudiantes en Algérie.
Hier, à Alger, épicentre symbolique de cette mobilisation, les étudiants ont réussi, pacifiquement, à forcer le cordon de sécurité établi par les forces de l’ordre, et mettre en œuvre leur «programme» de la marche.
Il faut dire que le professionnalisme des policiers chargés d’encadrer la manifestation a permis d’éviter le moindre envenimement de la situation et permis du coup, aux étudiants d’organiser deux importants sit-In, d’une symbolique évidente. Le premier était devant le siège du tribunal de Sidi M’hamed où l’exigence d’une justice indépendante a été lourdement formulée par les manifestants. Le second rassemblement, les étudiants l’ont tenu face à l’immeuble abritant l’Assemblée populaire nationale où ils ont scandé des slogans contre l’actuelle majorité parlementaire qui y siège, représentée notamment par le FLN et le RND.
Les deux haltes de la marche algéroise des étudiants traduisent une évolution dans le discours revendicatif dans le sens d’un engagement clair en faveur d’institutions républicaines démocratiques et autonomes du pouvoir exécutif.
A travers cette symbolique, les universitaires disent au peuple algérien, que l’important ce n’est pas les hommes, mais les institutions qui gagneraient à se démocratiser. Le message est on ne peut plus clair et le mouvement populaire qui a déjà fait montre d’une intelligence collective remarquable, saura la traduire à l’occasion du 13e vendredi de mobilisation.
Younes Rahal