dimanche , 26 janvier 2020

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Les Finances, la loi et les Algériens

Le gouvernement ne tardera pas à rendre public le projet de loi des Finances 2020. Elle sera en principe prête avec la rentrée parlementaire et constituera l’un des épisodes phares de la rentrée sociale. Il faut dire que compte tenu de la situation économique, sociale et politique, il n’y aura pas de grandes différences avec la précédente, quoi qu’en dise le Premier ministre sur le non recours au financement non conventionnel. En tout cas, faisons le pari pour que le ministre des Finances fera en sorte à ce que le texte parvienne à l’hémicycle avec un minimum de mesures antisociales et de taxes, à l’exception de quelques liftings de principe qui ne touchent pas du tout au corps et à l’esprit du caractère social de l’Etat. Ceci, est une donne immuable en 57 ans d’indépendance quels que soient les exécutifs qui se sont succédé aux affaires.
Cela étant dit, il n’y a certainement pas, dans les projets du gouvernement de susciter le moindre décollage économique du pays. Le temps est à la stabilisation et la résorption, un tant soi peu, des déficits. De fait, la mouture de la loi de Finances 2020 ne peut prétendre à une assurance en faveur de la hausse du niveau de vies des Algériens. L’ambition première sera surtout d’éviter une baisse du niveau de vie de l’Algérien moyen. Et lorsqu’on sait que, très souvent, les objectifs ne sont quasiment jamais atteints à 100%, il faut s’attendre à ce que le front social grince des dents l’année prochaine.
Il est cependant, vrai que comparativement à des sociétés plus développées que les nôtres, les Algériens se débrouillent pas mal et certains autres chiffres le confirment aisément. 3,5 millions de moutons sacrifiés lors de l’Aïd El Adha, plus de 200 mille véhicules importés, témoignent de l’importante évolution de la dépense de ce qu’on peut qualifier de luxe, alors que dans le même temps, constructeurs de voitures et agriculteurs d’outre Méditerranée souffrent énormément pour écouler leurs productions dans leurs propres marchés.
C’est dire que la richesse, la pauvreté et le niveau de vie sont quelque peu relatifs et l’on peut donner raison au gouvernement et à l’opposition au même temps. Mais dans tout cela, il est clair que le citoyen est en droit de savoir les forces et les faiblesses des lois que votent ses représentants à l’APN. Tout le chamboulement sociopolitique de ces six derniers mois, est une tentative de permettre aux Algériens de voir plus clair dans les règlements et leur pays et notamment des Lois de Finances…

Par Nabil.G