dimanche , 17 novembre 2019

Les grandes failles du système associatif

L’implication de la «société civile» dans la gestion des affaires de la cité, n’a en réalité, jamais pu atteindre une dimension crédible et efficace, digne des attentes collectives. Elle a surtout servi au décor des façades virtuelles d’une «démocratie participative» réduite aux slogans politiciens et au culte des illusions. A quelques rares exceptions près, les associations locales créées à travers les communes et les wilayas, notamment à Oran, n’ont généralement servi à une minorité d’acteurs que d’alibi à la collecte de subventions et d’indus privilèges accordés par un système en quête perpétuelle de reconduction. Nul n’ignore que sur les quelques 3 500 associations déclarées durant les vingt dernières années à la Wilaya d’Oran, moins d’une cinquantaine étaient effectivement connues et activaient tant bien que mal sur leur terrain d’action culturel, environnemental, social et sportif. Le volet caritatif qui englobe une bonne part du «mouvement associatif», bénéficiait lui aussi de l’aide financière des assemblées locales, d’organismes et d’opérateurs privés généreux. Mais le fonctionnement de ces associations, réduites au rôle de «collecte de dons en espèces ou en nature», ne répondait souvent à aucune règle de transparence, laissant place à certaines dérives dans la gestion et l’utilisation de l’argent collecté. Il suffit de regarder, durant le mois de Ramadhan, le foisonnement des acteurs à travers les quartiers qui se convertissent en collecteurs de produits alimentaires pour les démunis, et font le tour des riches industriels et opérateurs de la région pour ramasser de coquettes sommes d’argent. Comme si les pauvres et les démunis ne devraient être aidés que durant le mois sacré, alors qu’ils sont dans le besoin durant tout le reste de l’année. Mais c’est là un autre débat. Avec le volet caritatif, le mouvement associatif est également bien implanté dans le secteur sportif où l’on compte des associations pour n’importe qu’elle discipline ou activité. Du combat au «Matraque» à la pétanque longue, en passant par les arts martiaux les moins connus ou même la «randonnée», certains ont trouvé le créneau permettant de demander et de recevoir des subventions, des aides de l’Etat, rarement consacrés à la promotion de leur action. Bien plus rares sont les associations inscrites au registre des grandes questions de gestion du cadre urbain et du fonctionnement de la Cité. Quelques rares élus locaux, qui tentent sincèrement d’apporter des réponses aux attentes de la population, reconnaissent et dénoncent eux-mêmes les failles d’un système associatif incapable de produire un débat et encore moins de créer un cadre crédible et efficace de mobilisation et d’implication citoyenne dans les grands dossiers de gestion et développement de leur Cité…

Par S.Benali