dimanche , 24 septembre 2017
<span style='text-decoration: underline;'>Le nouveau PM face au défi de l’émergence économique</span>:<br><span style='color:red;'>Les grands chantiers de Ouyahia</span>
© APS

Le nouveau PM face au défi de l’émergence économique:
Les grands chantiers de Ouyahia

Ahmed Ouyahia qui doit parfaitement connaître ses dossiers, a certainement une idée pour enclencher le Starter de l’économie. L’Algérie étant véritablement au seuil de l’émergence, le nouveau Premier ministre a l’occasion historique de lui faire faire un saut salutaire.
En 48 heures, Ahmed Ouyahia passe de son confortable bureau à la présidence de la République à la réalité du terrain à la tête d’un gouvernement déjà éprouvé par une actualité, pour le moins, très riche en rebondissements. La passation de pouvoir qu’il a eue avec son prédécesseur, l’installe de fait au cœur de la problématique algérienne où il s’agit de trouver de l’argent, de garantir un fragile équilibre, poursuivre l’action sociale de l’Etat et parvenir à plus d’efficacité de l’action gouvernementale. Beaucoup de choses ont été dites sur la méthode de Abdelmadjid Tebboune, mais l’important reste ce que fera Ahmed Ouyahia dans les quelques 18 mois qu’il passera au Palais du gouvernement.
Les principales étapes que devra franchir le Premier ministre commencent par la confection d’une loi de Finances dont les principaux contours ont déjà été tracés par la Task force mise en place par Sellal et qui a produit un document qui court jusqu’à 2019. Il reste que tout n’a pas été tranché dans la feuille de route dont Ouyahia a été associé en sa qualité de ministre d’Etat. La prochaine loi des Finances 2018 devra pouvoir dégager des ressources supplémentaires en dehors de la fiscalité pétrolière. Les experts notent en effet, la quasi-impossibilité de miser sur un pétrole à 55 dollars le baril. De fait, l’objectif de diversification de l’économie qui ne pourra objectivement être atteint dans l’immédiat sera forcément précédé par une diversification fiscale, au risque de faire mal aux citoyens. Mais avant cela, il y a les transferts sociaux à revoir à la baisse… Bref, l’équation financière sera un véritable défi pour le gouvernement de Ahmed Ouyahia, obligé à jouer à l’équilibriste pour maintenir le fragile équilibre social et économique.
Le casse-tête financier est certainement le gros morceau de la rentrée, mais l’exécutif devra négocier au mieux les premiers effets d’une rentrée sociale qui s’annonce sans trop d’encombres, mais porteuse, néanmoins de quelques risques «syndicales». En effet, les revendications de l’intersyndicale se font de plus en plus pressantes et ont toutes les chances de s’exprimer avec le retour à l’activité de la société. Les fortes dépenses que devront faire les ménages en l’espace de quelques jours, à travers la coïncidence de la rentrée scolaire avec l’Aid El Adha, est un motif suffisant pour susciter quelques tensions sur le font social. Mais les observateurs estiment que ce passage obligé, n’aura pas trop d’effet sur la marche des affaires du pays.
En réalité, estiment les mêmes observateurs, le véritable gros souci de Ouyahia est prioritairement économique. Deux grands chantiers attendent d’être réveillés. L’industrie mécanique mise sous le boisseau par son prédécesseur et le lancement de l’industrie des énergies renouvelables. Deux dossiers «révolutionnaires» que l’équipe Tebboune n’avait saisis la portée stratégique. Créer une dynamique dans ces deux secteurs, reviendrait à mettre le pays sur la voie de la diversification effective de son économie. Le reste sera une question de pilotage.
Ahmed Ouyahia qui doit parfaitement connaître ses deux dossiers, a certainement une idée pour enclencher le starter de l’économie. L’Algérie étant véritablement au seuil de l’émergence, le nouveau Premier ministre a l’occasion historique de lui faire faire un saut salutaire. Pour rentrer dans les annales de la République, comme celui qui a mis en route la machine économique algérienne. Ouyahia a moins de 18 mois pour réaliser l’exploit.

Alger: Smaïl Daoudi