mardi , 19 juin 2018

Les images du cadre urbain dégradé

Plus de trente cinq ans après leur réalisation et livraison par l’ex-entreprise DNC, les Cités des 745 et 1245 logements de l’USTO, ne cessent de vivre le calvaire des caves inondées, des allées boueuses en hiver et poussiéreuses en été, des trottoirs inachevés, des déblais abandonnés, des morsures de rats, des aboiements nocturnes de chiens errants, des moustiques envahissants, des sacs plastiques et des déchets non ramassés et de bien d’autres désagréments liés aux malfaçons et au manque de finition de ces projets de logements inscrits à l’époque au registre des nouvelles zones urbaines d’habitat. Des «ZHUN», qui sont devenues en fait de grandes cités dortoirs, nourrissant les fléaux connus de la délinquance et du trafic à travers l’exclusion et la marginalisation sociale des jeunes habitants. En l’absence, ou plutôt en raison du non respect des plans d’aménagements, qui ont été pourtant bel et bien tracés pour ces grandes cités, l’évolution du cadre urbain a été sévèrement pénalisée par les déficits en équipements indispensables à la vie collective. Une petite école et un bureau de poste aménagé dans un appartement en RDC d’un immeuble, étaient il y a trente ans, les seules structures existantes dans cette vaste zone d’habitat truffée d’erreurs et de malfaçons, notamment en matière de réseaux d’assainissement et d’évacuation des eaux pluviales. A l’époque, des parcelles de terrain réservées en principe aux équipements collectifs, furent attribuées à des privés, des «personnages» connus pour leurs affinités avec le pouvoir local, alors contrôlé par un certain Bachir Frik. Entre le rond-point des HLM et celui de la clinique Nekkache, rien ou peu de choses ont changé. Il y a eu certes, la construction d’un nouveau lycée et d’une agence d’Algérie-Télécom, mais l’état des lieux à l’intérieur des cités, est resté digne de la médiocratie et du laxisme chronique, marquant la présumée prise en charge de ces espaces urbains. Même le semblant d’espace vert situé en face des cliniques Benmansour et Nekkache, n’est d’aucune utilité, puisqu’il reste à longueur d’année clôturé et fermé par deux ou trois agents communaux, squattant une guérite de gardiennage réalisée à l’entrée. Ici, les marchands illicites se disputent encore et toujours, les «meilleures» places le long des trottoirs, même face à l’entrée de l’école primaire. Il y a moins d’un mois, ces mêmes vendeurs squattant la chaussée dans des conditions d’hygiène déplorables, furent chassés par les services de l’ordre lors d’une «action conjoncturelle programmée». Mais comme toujours, les voilà de retour aux mêmes endroits, après quelques jours d’absence forcée». Dans ces cités d’habitat, les travaux du chantier d’amélioration urbaine, abandonnés depuis trois ans, les poteaux d’éclairage public anarchiquement implantés, la façade scandaleuse du bâtiment de «l’emploi des jeunes» et bien d’autres images du cadre urbain dégradé, sont loin de montrer que la Ville se prépare à l’accueil des prochains Jeux méditerranéens…

Par S.Benali