samedi , 25 mai 2019

Les interrogations mal formulées…

A l’angle de la rue Boughalem Mohamed avec la rue Adda Benaouda au quartier du Plateau St Michel, on peut observer l’avancement d’un chantier de construction d’une tour immobilière qui, selon les riverains, «s’élèvera sur plusieurs étages et privera les maisons voisines du moindre rayon de soleil». Ce terrain d’implantation de ce projet immobilier a été récupéré par un promoteur privé suite à la démolition d’un ancien hangar désaffecté et abandonné depuis des années. Il faut bien évidement saluer toutes les mesures et souvent attribuées à des opérateurs privés engagés dans une action immobilière aux contours… cachés. Et ce manque d’information et de transparence sur ce genre de projet est souvent à l’origine de malaises et de conflits entre le promoteur et les résidents, mitoyens au nouveau chantier. Beaucoup s’interrogent ainsi à juste titre, non seulement sur les conditions d’affectation de ces parcelles foncières vacantes récupérées, mais également sur les procédures d’agrément du projet et de délivrance des permis de construire. La construction d’une tour de plusieurs étages, en remplacement d’une belle petite démolie, comme celles de la Cité Djamel, est devenu un phénomène de plus en plus courant et visible à travers plusieurs quartiers. Choupot, Point du Jour, Maraval, les castors, Et bien d’autres zones résidentielles connaissent cette pratique urbaine peu cohérente, en tout cas contraire à la vocation initiale du quartier. En dénonçant, par une lettre adressée aux responsables locaux et à la presse, l’implantation de cette tour de 12 étages mitoyenne à leur modeste et vieux petit immeuble datant de l’époque coloniale, la dizaine de familles concernées veulent avant tout alerter sur les risques de fragilisation de leur bâtiment par les travaux de chantier. Selon un résident concerné, « Seule la Direction de l’Urbanisme a été à l’écoute et a mené une enquête sur le chantier et fait un rapport sur la situation». Mais comment une structure officielle, censée connaitre les dossiers techniques de tous les projets, publics ou privés, engagés sur le tissu urbain, «peut s’étonner et ouvrir une enquête sur un chantier qu’elle aurait déjà autorisé ?». Et c’était là un nouveau débat entre les mauvaises langues locales, toujours pressées d’apporter à la fois les questions et les réponses à des interrogations mal formulées…

Par S.Benali