samedi , 20 octobre 2018
<span style='text-decoration: underline;'>Présence des produits agricoles algériens à l’étranger</span>:<br><span style='color:red;'>Les opérateurs économiques apprennent le métier d’exportateur</span>
© D.R

Présence des produits agricoles algériens à l’étranger:
Les opérateurs économiques apprennent le métier d’exportateur

On n’assiste pas à un « miracle algérien », mais il est clair que le métier d’exportateur commence à rentrer dans les mœurs des opérateurs économiques nationaux. La multiplication des expositions à l’étranger, dont celles au Sénégal, en Côte d’Ivoire , au Mali et bientôt en Mauritanie témoigne de la volonté de l’Algérie à relever le défi des exportations hors hydrocarbures.

Les produits agricoles algériens s’ouvrent, depuis quelques années, des fenêtres vers l’étranger. Exportées en Europe et en Asie, les quantités de marchandises transitant par les ports et les aéroports du pays, même si elles restent modestes n’en n’augmentent pas moins à vue d’œil. La dernière expérience en date s’est déroulée dans la ville de Bordeaux à l’occasion des «Journées Algérie». Les produits maraîchers et autres venus des campagnes algériennes étaient exposés, à partir d’hier dans cette ville française. L’opération est appelée à se poursuivre jusqu’au 13 octobre, révèle un communiqué du ministère de l’Agriculture.
Cette opportunité a été rendue possible grâce à la Chambre de commerce et d’Industrie Bordeaux-Gironde, à l’origine d’une initiative, saluée et accompagné par la représentation consulaire algérienne dans la région Nouvelle-Aquitaine. La mairie de Bordeaux a également pris une part active dans la préparation de cette manifestation. Pour timide qu’elle ait pu paraître, la présence de professionnels algériens en France aura constitué pour eux un véritable baptême pour l’export et la preuve que leur production est valorisée en dehors des frontières nationales.
Le Groupe d’entreprises publiques algériennes de valorisation des produits agricoles (GVAPRO) a tiré profit de cette initiative pour présenter plusieurs produits agricoles algériens. Il faut savoir que ce Groupe est issu de la restructuration des capitaux marchands de l’Etat. Il dispose de six entreprises publiques économiques et de 74 fermes agricoles à travers le pays. Les responsables de GVAPRO ont défendu leur marchandise devant un public certes conquis, mais qui demande à voir en matière de respect de certaines normes européenne et la qualité de la logistique dédiée à l’exportation à partir de l’Algérie. C’est d’ailleurs le talon d’Achille de l’économie nationale qui tente de se déployer à l’étranger et se retrouve systématiquement freinée par des lourdeurs technique et bureaucratiques qui ont découragé plus d’un, à commencer par le prix du fret, au double de ce qui se pratique pour d’autres pays exportateurs.
Il reste que l’exemple de Bordeaux, comme celui de Washington où une vingtaine d’entreprises algérienne ont exposé leurs produits et conclu des accords pour les placer aux USA, l’effort de promotion est soutenu et les résultats commencent timidement à se faire voir sur la structure du commerces extérieur où les exportations hors hydrocarbures ont déjà dépassé les 2 milliards de dollars aux huit premiers mois et il est attendu à ce que la barre des 3 milliards de dollars soit dépassé d’ici à la fin de l’année.
On n’assiste pas à un « miracle algérien », mais il est clair que le métier d’exportateur commence à rentrer dans les mœurs des opérateurs économiques nationaux. La multiplication des expositions à l’étranger, dont celles au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali et bientôt en Mauritanie témoigne de la volonté de l’Algérie à relever le défi des exportations hors hydrocarbures. Il reste à l’administration à suivre le dynamique et à la réglementation à rendre attractif l’acte de produire et d’exporter et rendre inefficaces financièrement les opérations d’importation.
Enfin, pour revenir à Bordeaux, le communiqué du ministère de l’Agriculture note que des produits du terroir seront présentés pendant la manifestation, tels que des produits oléicoles, des dattes, des figues sèches ainsi que d’autres fruits et légumes et leurs dérivés. On annonce également qu’une exposition-vente de produits nationaux ponctuera les «Journées Algérie». Il sera question de «mettre en lumière le potentiel économique algérien et promouvoir les investissements, notamment dans le secteur de l’agriculture et l’agro-alimentaire», indique le ministère dans son communiqué.
Alger: Smaïl Daoudi