vendredi , 6 décembre 2019

Les «pannes» de scanner à répétition…

Malgré les crédits colossaux engagés par l’Etat depuis ces quinze dernières années, le secteur de la santé à Oran ne cesse de connaitre des formes d’anarchie et de dérives, indignes des ambitions collectives au progrès et à la modernité.En dépit des efforts menés par les responsables du secteur et les autorités locales, une majorité de structures de santé dont le vieux Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) et l’Etablissement Hospitalier Universitaire (EHU), sont encore bien loin de connaitre un fonctionnement normal, conforme aux règles élémentaires requises en matière d’accueil et de prise en charge des patients. Beaucoup à Oran peuvent citer des exemples de dysfonctionnements et de laisser-aller pénalisant certains services hospitaliers. Bon nombre citent également des dérives de gestion faisant l’objet d’enquête administrative et policière. Il est vrai qu’il s’agit souvent de membres de la corporation médicale qui dénoncent des agissements et des pratiques de gestion du staff de la direction générale, les accusant de laxistes et de clientélistes dans leur prise de décision. Notamment en matière de recrutements, de plan de carrière, de salaires et de promotions. On se souvient, il y a plus de dix ans, de ce fameux scanner, coutant une petite fortune, qui serait tombé d’un étage… suite à un curieux accident. A l’époque, l’appareil qui a coûté plus de 20 milliards de centimes est resté évidement en panne durant trois ans après sa «chute dite accidentelle» du deuxième étage là oû on voulait l’installer, contre toute logique, et sans tenir compte des études de fonctionnement de la structure hospitalière. «L’accident» est resté longtemps au cœur d’un conflit judiciaire entre l’administration de l’établissement hospitalier et le groupe Siemens, fournisseur des équipements de l’EHU. Siemens qui devait installer le scanner dans l’un des espaces se situant au rez-de-chaussée de l’établissement, comme c’est le cas dans la majorité des infrastructures de santé dans le monde, a dégagé toute responsabilité dans la chute de l’appareil «perché» on ne sait pour quelle raison au deuxième étage de l’Hôpital. Une opération qui avait d’ailleurs nécessité la démolition d’un mur de façade et la mobilisation de grues et de lourds moyens de manutention pour introduire l’équipement de radiologie dans une salle du deuxième étage. Sans compter les complications inévitables pour les grands blessés devant être déplacés par brancards du scanner aux blocs opératoires. Qui, comment et pourquoi a-t-on, à l’époque, décidé de ce choix risqué et incohérent d’organisation des espaces ? A ce jour, rares sont ceux qui peuvent apporter une réponse claire à la question, tant elle reste entourée d’un tabou aux contours gênants. Et malgré les enquêtes annoncées et les nombreuses visites des ministres successifs en charge de la Santé, l’affaire semble aujourd’hui oubliée, classée à la rubrique des «pertes et profits» dans une totale impunité. Comment croire alors que d’autres dérives, bien moins «coûteuses» en deniers publics, puissent être aujourd’hui sanctionnées et éradiquées face à l’hallucinante indifférence – ou incapacité – des pouvoirs publics à pourvoir assainir de maniéré radicale ce secteur gangrené lui aussi par la culture de la prébendes et du profil. Aujourd’hui, comme toujours, la majorité des scanners des hôpitaux publics de la Wilaya, même celui de l’hôpital pour enfants de Canastel, tombent régulièrement en panne. Au «grand bonheur» des structures du secteur privé qui foisonnent à Oran. «Aller donc chez des privés…» telle  est la réponse toujours réservée aux malades dans le besoin, ne pouvant débourser les quelques 15 000 DA nécessaires pour ces examens de radiologie. L’opacité sur l’origine et les véritables raisons de ces pannes à répétition ne peut que susciter, au mieux, la perplexité et l’étonnement…

Par S.Benali