vendredi , 21 février 2020

Les paradoxes du système associatif

L’absence de véritable culture de l’action associative par des acteurs crédibles, sincèrement et efficacement engagés dans leur créneau respectif, social, culturel, sportif, voire même parfois scientifique, ne pouvait au final, qu’aboutir au renforcement des façades virtuelles d’une «démocratie participative», réduite à un slogan creux. Malgré les efforts d’assainissement de ce volet associatif, menés depuis quatre ou cinq ans par les pouvoirs publics, beaucoup reste encore à faire pour éviter à ce champ d’action les tâtonnements, la médiocrité et parfois les dérives, nourries par la prédation et les convoitises. Sur près de
3 500 associations déclarées à la Wilaya d’Oran, il y a une dizaine d’années, plus de deux mille restent aujourd’hui «actives», se prévalant abusivement d’une légitimité administrative qui n’a plus aucun sens. Et bien moins d’une centaine d’associations locales, tentent de mener sérieusement et efficacement des actions sur leur terrain respectif, culturel, environnemental, social ou sportif. Malheureusement, même au sein de ces sphères associatives, dites actives et influentes, il est souvent fait abstraction, des normes de compétence et de transparence. Et fatalement, malgré les efforts et l’engagement des rares animateurs, installés aux premiers rangs des sphères associatives, qu’elles soient politiques, sociales, culturelles ou sportives, trop de médiocres opportunistes s’activent avec indécence à tirer la machine vers le bas. L’illustre Société de Géographie, toujours casée dans une cave sale et humide du Marché Michelet, n’existe que virtuellement. Un environnement bureaucratique hostile à l’intelligence et aux élites, a fini par briser les ambitions des historiens et sociologues oranais qui tentaient de faire revivre cette association de renom, vieille de plus d’un siècle. Ici et là à Oran, d’autres sphères associatives, organisations professionnelles ou institutions, restent minées par les critiques, le dénigrement, la rumeur colportée, les complots et les coups bas interdits. Autant d’instruments, servant à semer le chaos et la discorde. Même le volet caritatif qui englobe une bonne part du «mouvement associatif» bénéficiant de l’aide financière des assemblées locales, fonctionne lui aussi dans l’opacité et le désordre, permettant l’éclosion de certaines dérives dans la gestion et l’affectation de l’argent reçu ou collecté. Comme chaque année, le mois de Ramadhan annoncé, propice aux dons et à la charité, sera l’occasion pour certains experts dans la collecte d’argent auprès des riches opérateurs économiques et entrepreneurs privés de la région, de renflouer leurs propres poches sur le dos des nécessiteux. Le mouvement associatif oranais, est majoritairement engagé dans les secteurs sportif et caritatif, au détriment des grandes questions de gestion du cadre urbain, de fonctionnement de la Cité et de bien d’autres préoccupations collectives. A Oran, bien plus qu’ailleurs, le culte de la prédation et de la médiocrité ne cesse de s’amplifier, portant toujours atteinte à l’image de marque et au fonctionnement des associations, devant en principe, forger les règles de vie commune et le respect des valeurs sociales élémentaires.

Par S.Benali