vendredi , 15 décembre 2017

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Les partis, leurs relais et la démocratie

Le processus électoral est entré hier dans sa phase 2. Ainsi, après l’opération de collecte des parrainages, laquelle, il faut bien le souligner, n’a pas soulevé les foules, ni suscité de polémique particulière, l’administration a dit son mot. Des listes retenues, d’autres écartées. Les premiers ont mis le pied à l’étrier de la campagne, et les seconds ont pris le chemin des tribunaux, pour faire valoir leur droit. Depuis hier, donc tout le monde aura connu sa place, dans le peloton du marathon électoral. Les centaines de listes validées par l’administration devraient, en principe investir le terrain, programme en main, à l’effet de convaincre les citoyens de leur accorder leurs voix. C’est cela, l’image que dégageront tous les candidats au prochain scrutin. Sauf que cette «carte postale» politique est assez loin de la réalité. Les programmes passeront au second plan. Ce qui comptera, ce seront les «relais» d’opinion, ces personnages qui pèsent sur la scène locale. Ce sont ces hommes-là, qui constitueront la clé des Locales, pense la quasi totalité des partis politiques, engagés dans la course électorale.
Cette tendance à ignorer le débat fécond, pour aller chercher le « cheikh », qui pèse des milliers de voix, n’est certainement pas la meilleure attitude à avoir, dans une démocratie naissante, comme celle de l’Algérie. Et pour cause, d’élection en élection, ces «cheikhs» perdent de l’influence, auprès des nouvelles générations. Leur influence sur l’électorat se réduit, comme une peau de chagrin. Aujourd’hui, c’est une minorité de citoyens, qui attendent les consignes de vote. Les autres, à défaut de débat et de confrontation d’idées et de garanties, de contrôle du travail des élus, préfèrent déserter les bureaux de vote.
Le résultat de cette manière, plutôt laxiste, de conduire une élection, est cette désaffection citoyenne, qui colle aux scrutins, comme une maladie honteuse. En effet, vue par les pouvoirs publics, comme par les acteurs politiques, l’abstention est vécue comme un échec inavoué. Habituellement, les boycotteurs qui crient victoire, sont systématiquement critiqués par les participants, pour leur manque de sens patriotique. Il se trouve, que pour les prochaines élections locales, il n’y a point de boycotteurs. D’où leur caractère «spécial», en ce sens où pour la première fois, il n’y a aucune raison, qui justifierait l’échec de la scène politique. Une occasion pour poser la problématique et en débattre sereinement.

Par Smaïl Daoudi