lundi , 24 février 2020
<span style='text-decoration: underline;'>En réponse aux promesses du gouvernement de redynamiser le tissu économique</span>:<br><span style='color:red;'>Les patrons plaident pour leurs entreprises</span>

En réponse aux promesses du gouvernement de redynamiser le tissu économique:
Les patrons plaident pour leurs entreprises

Pour parvenir à une économie forte, les autorités doivent soutenir d’avantage les PME-PMI vu leur forte valeur ajoutée dans le processus de l’intégration nationale et accompagner les porteurs de projets créateurs de richesses et d’emplois, défendent les chefs d’entreprise.

Le patronat qui a accusé le coup d’une période très compliquée qui a eu des répercussions négatives sur la trésorerie de pas mal d’entreprises, revient au devant de la scène après l’élection présidentielle de Abdelmadjid Tebboune et surtout au lendemain de la présentation du plan d’action du gouvernement. Les organisations patronales font donc entendre leur voix pour alerter sur la situation difficile que traverse le monde de l’entreprise en Algérie. Les appels au secours se multiplient et celui du président de la Confédération des industriels et patrons algériens (CIPA) n’est pas en reste.
En effet, Abdelwahab Ziani estime urgent d’organiser une tripartite gouvernement-patronat-syndicats, avec un ordre du jour précis. M.Ziani qui ne s’arrête pas sur le plan d’action du gouvernement, note l’importance de mettre les partenaires d’accord sur un modèle économique. Le patron de la CIPA qui dit militer pour une économie forte et durable, estime qu’«il est très important que cette tripartite se tienne dans les plus brefs délais afin de mettre en place une stratégie s’appuyant sur la valorisation des ressources nationales et du potentiel humain compétent et ce, pour sortir de la crise économique». Cette posture que partage nombre de chefs d’entreprises dans la quasi-totalité des filières industrielles et même dans les services, plaide en faveur d’un «modèle économique algérien» qui s’appuie spécifiquement sur des compétences algériennes. «Pour réaliser ce modèle économique algérien, il faudra tout d’abord faire confiance aux entreprises algériennes, à leur tête, les start-ups qui peuvent réduire de 50% la facture des importations qui coûtent annuellement des milliards de dollars à l’Algérie», a insisté le président de la CIPA, soulignant au passage, la nécessité de faire également confiance aux entreprises algériennes sous traitantes qui activent dans le domaine du bâtiment et des travaux publics. La sous-traitance locale pour des entreprises étrangère que dénonce M.Ziani est l’une des plaies de l’économie nationale, dont les autorités seraient plus avisées de «faire bénéficier de marchés dans ce domaine» exclusivement aux sociétés algériennes. Même si cette plaidoirie ne semble pas très convaincante, il est tout de même urgent «de libérer l’économie et notamment le secteur industriel et revoir les mécanismes de subvention» a asséné l’invité de la radio nationale.
Il faut dire que pour parvenir à une économie forte, les autorités doivent soutenir d’avantage les PME-PMI vu leur forte valeur ajoutée dans le processus de l’intégration nationale, et accompagner les porteurs de projets créateurs de richesses et d’emplois, défendent les chefs d’entreprise. Cette conviction s’adosse à la nécessité d’une réglementation qui régit le secteur économique, à travers des lois stables afin de garantir un climat d’affaire attractif pour l’investissement. Ces lois devraient êtres accompagnées impérativement par des textes d’application afin d’encourager les opérateurs à être plus performants. En cela, les opérateurs économiques ne font qu’affirmer des évidences qui ne sont pourtant pas mises en œuvre par les autorités du pays. Ces derniers doivent «consolider les textes de loi dans les filières importantes à l’instar de celle des céréales pour donner un punch à l’économie nationale», propos M.Ziani. «Actuellement dans certains filières à l’instar des filières agricoles, il n’existe pas de textes d’application de certaines lois», a-t-il déploré tout en ajoutant que ceci constitue une véritable entrave pour les opérateurs.
Ce constat déjà peu reluisant est aggravé par le fait que l’industrie a connu en 2019 une année blanche. Il est prioritairement question de sauvegarder les entreprises existantes et les faire bénéficier d’un moratoire, dans le domaine fiscal, défend M.Ziani, au même titre que l’ensemble d’autres présidents d’organisations patronales. L’objectif consiste à leur donner l’opportunité de remonter la pente et participer activement à la construction d’une économie forte et durable indépendante des hydrocarbures.
Yahia Bourit