dimanche , 15 décembre 2019

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Les petits miracles

Après le feuilleton Bouhadja, l’APN reprend ses activités le plus normalement du monde. Le ton sera d’ailleurs donné, aujourd’hui, au niveau de la commission des Finances, où sera auditionné le ministre des Finances. Ce sera à n’en pas douter le coup de starter de l’APN sous la présidence de Mouad Bouchareb. Il faut dire que c’est plus l’acte de la reprise qui intéresse les observateurs que le contenu du projet de loi des Finances 2019. Et pour cause, il n’y a très peu de différence entre l’actuel projet et la précédente loi de 2018. En tout cas, les membres de la Commission des Finances feront en sorte à ce que le texte parvienne à l’hémicycle dans sa mouture gouvernementale, à l’exception de quelques liftings de principe qui ne touchent pas du tout au corps et à l’esprit de la nouvelle loi. Celle-ci, rappelle-on, table sur un prix de référence de pétrole de 50 dollars, une inflation de 4,5% et une croissance de quelques 2,6%.
Ces chiffres ne sont pas suffisants pour garantir un véritable décollage économique du pays et ne constituent pas une assurance contre la baisse du niveau de vie de l’Algérien moyen. Ce sont là, des objectifs bien que réalistes, tout de même difficiles à garantir avec un marché pétrolier international hors de contrôle. C’est clair qu’il n’est dit que le gouvernement parvienne à réaliser ses prévisions.
Il reste que les douze prochains mois, à compter du 1er janvier 2019, ne devraient pas trop peser sur le quotidien des Algériens. L’absence de taxes supplémentaires accablera plus le trésor public que la poche du citoyen en cas de graves dérives des prix de l’or noir. En attendant, la société doit compter sur le dynamisme du secteur privé missionné pour remplacer à terme le secteur économique public.
En 2019, il est impossible d’imaginer un miracle du genre, une recette hors hydrocarbures d’une dizaine de milliards de dollars, mais il faut tout de même espérer une création d’emplois en dizaines de milliers. Ce serait le plus grand cadeau que le privé puisse faire aux Algériens. En réalité, ce ne sera pas vraiment un cadeau, puisque toutes les entreprises, d’une manière ou d’une autre, s’abreuvent encore à la mamelle de Hassi Messaoud. Mais ne polémiquons pas, restons positifs et misons sur un maintien au delà de 50 dollars des prix du brut et croisons les doigts pour que nos entreprises fassent de petits miracles.

Par Smaïl Daoudi