mardi , 23 juillet 2019

Les Planteurs… Réceptacle des rêves et des misères

Selon un quotidien de la presse locale, le Wali d’Oran aurait une nouvelle fois, annoncé que «le projet d’aménagement urbain du périmètre Les Planteurs-Ras El Aïn, est toujours à l’ordre du jour et qu’il n’a jamais été question de l’abandonner». Qui donc aurait pu évoquer un éventuel «classement aux oubliettes», s’interrogeaient les mauvaises langues commentant l’information. «J’ai la nette impression d’avoir déjà lu cette même information, il y a plus de trois mois…, affirme un universitaire, visiblement bien au courant de ce dossier d’urbanisation de la zone Les Planteurs-Ras El Ain. Et d’ajouter, «le débat et les polémiques oranaises autour de l’occupation et de l’aménagement des parcelles foncières récupérées ne reposent en réalité que sur des spéculations mal fondées sur de futures affectations de terrains jugées «non conformes aux besoins et aux préoccupations collectives». L’aménagement de cette zone de Ras el Ain-Les planteurs qui sera, on l’espère, totalement libérée des bidonvilles séculaires qui existent ici pour certains, depuis bien avant l’indépendance, a été évoquée depuis longtemps sans qu’elle ne soit pour autant cernée et balisée par une étude fiable et un schéma pertinent. Tout comme le vieux plan de restructuration du quartier de Sidi El Houari, élaboré dans les années 70 puis jeté aux oubliettes de l’administration défaillante, ce projet de réaménagement du quartier de Ras El Ain-Planteurs aurait du, en principe, être finalisé depuis la première mise en service du téléphérique surplombant la zone et reliant le centre ville au plateau du Murdjajo. On sait malheureusement que la présumée politique d’éradication des bidonvilles était loin d’atteindre les objectifs escomptés. Malgré un programme spécial dégagé pour le recasement des occupants du bidonville des planteurs, les constructions illicites n’ont pas cessé de fleurir et de s’étendre dans cette zone, mitoyenne au vieux centre urbain historique, et connue pour être le réceptacle des rêves et des misères de populations, venues parfois même du pays voisin, pour trouver à la ville d’Oran un meilleur horizon. Des observateurs avertis apprécient aujourd’hui le pragmatisme et l’efficacité dans la gestion des espaces urbains récupérés et devant être, en priorité, protégés par de nouvelles implantations de constructions illicites. Les aspirations à une «ville verte» ou à une forêt en bordure de la cité, aussi belles et légitimes soient-elles, ne peuvent faire l’impasse sur la triste réalité d’un terrain social déstructuré par le chômage croissant, l’exode rural, la démographie galopante et le recul de la citoyenneté responsable.

Par S.Benali