lundi , 21 octobre 2019

Les premiers fondements de la nouvelle République

La machine des élections présidentielles du 12 décembre prochain est maintenant bien lancée. Il ne fait plus aucun doute que cette option est, aujourd’hui, le meilleur moyen pour casser le cercle vicieux de la crise multiple qui frappe le pays, pas depuis le 22 février comme le soutiennent certains, mais depuis la très risquée décision prise par l’ancien système d’aller vers un 5eme mandat pour l’ancien président.
Le 22 février et l’extraordinaire mobilisation populaire est venue mettre un terme à la grave dérive que prenait l’Algérie, qui rompait ainsi avec toute légalité constitutionnelle et mettait le pays devant une implosion certaine, dont les conséquences auraient été des plus catastrophiques, s’il n’y eut pas cette extraordinaire mobilisation populaire mais aussi cet engagement de l’Armée à accompagner le peuple dans ses revendications et assurer la sécurité de ces millions d’Algériens qui avaient pris d’assaut les rues des grandes villes du pays.
Le hirak aura ainsi réussi à changer le cours de l’histoire et arracher la quasi-totalité des revendications qui étaient les siennes depuis le premier vendredi de la contestation. Aujourd’hui, ce serait faire preuve de cécité politique et d’intentions douteuses que de dire que rien n’a été fait tout au long de ces longs neuf mois de mobilisation. Une mobilisation qui ne doit pas déboucher sur une impasse encore plus dangereuse que ne l’aura été le 5éme mandat. Bien au contraire, il faut aujourd’hui travailler tous ensemble pour permettre au pays de sortir de sa crise et d’aller vers des élections présidentielles qui mettront à la tête du pays, un président légitime avec toutes les prérogatives que lui confère la Constitution.
Un président qui sortira cette fois d’urnes protégées par les nouvelles lois et les changements profonds qui ont touché la loi électorale et toutes ses phases jusqu’à la proclamation des résultats. Un président fort d’une légitimité populaire qui lui permettra d’engager d’autres reformes encore plus profondes et qui devra aussi ouvrir la porte à des élections locales et législatives qui signeront à jamais la rupture avec l’ancien système.
Le grand défi qui nous attend est bien là. Il est dans ce droit du citoyen à exprimer ses choix dans la transparence la plus totale et d’avoir cette force de peser sur l’avenir du pays en choisissant les hommes et les femmes à tous les niveaux de responsabilité qui auront à gérer la chose publique. Et les élections de ce 12 décembre sont incontestablement le premier pas vers la bonne direction. Celle qui matérialisera les fondations de la nouvelle République à laquelle nous aspirons tous.

Par Abdelmadjid Blidi