mercredi , 11 décembre 2019

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Les premiers frémissements

La campagne électorale bouclera demain sa première semaine. Cela fait donc 7 jours que les cinq candidats sillonnent le pays du Nord au Sud et d’Est en Ouest pour rencontrer les citoyens et convaincre du bien fondé de leurs démarches et de leurs programmes. Mais il faut dire que les choses sont jusqu’à ce jour bien aseptisées et très soft. Les candidats évitent soigneusement de parler les uns des autres et s’économisent les pics inutiles, surtout que pour eux l’essentiel n’est pas là et que le plus important à ce stade de la compétition est tout autre. Il s’agit d’abord et avant tout de convaincre les électeurs d’aller le 12 décembre aux centres de vote et de faire leur choix.
A ce jour, les cinq candidats ont eu des rythmes de déplacements bien différents. Si certains ont même fait le choix de faire le break d’une journée complète et de se contenter d’un seul déplacement par jour, il faut dire que celui qui s’est fait remarquer jusqu’à aujourd’hui, c’est bien le candidat Benflis qui enchaîne deux meetings par jour dans différentes villes à l’Est comme à l’Ouest. Il faut dire que l’homme a une longueur d’avance sur ses concurrents puisqu’il a déjà livré, par deux fois, de bien âpres batailles face à l’ancien président démissionnaire qui lui avait accordé les faveurs et l’appui de l’administration et des lourds moyens de l’Etat lors des élections de 2004 et 2014.
Mais il faut savoir que nous ne sommes qu’au tout début de la campagne, et il n’est pas dit que les autres candidats ne vont pas accélérer le rythme dès cette deuxième semaine qui s’annonce. Une probabilité qui reste plus que possible, surtout que l’on assiste déjà à un début de frémissement de cette campagne, et les citoyens s’intéressent de plus en plus aux propositions des uns et des autres.
Ainsi et contrairement à ce que l’on pouvait craindre, au tout début, quant au désintéressement des citoyens pour ces élections présidentielles, on découvre que la donne est en train de changer du tout au tout. Et même les tentatives de certains de vouloir chahuter les meetings des candidats sont désapprouvées par beaucoup d’Algériens y compris au sein de ceux qui ont clairement affiché leur refus de ces joutes. Pour eux, on ne peut se prétendre démocrates et défenseurs de la libre expression et interdire aux autres de s’exprimer et d’avoir d’autres choix que ceux que l’on défend. Et ce débat est sérieusement mis sur la table entre les hirakistes, alors qu’au même moment les Algériens eux veulent que les choses reviennent à la norme et que soit porté à la haute fonction de l’Etat un président qui sera légitime et comptable de mettre en pratique toutes les revendications soulevées par la rue ces derniers mois.

Par Abdelmadjid Blidi