dimanche , 16 juin 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Le dernier rapport de la Banque mondiale le souligne</span>:<br><span style='color:red;'>Les prévisions de croissance de l’Algérie en hausse pour 2019 et 2020</span>
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Le dernier rapport de la Banque mondiale le souligne:
Les prévisions de croissance de l’Algérie en hausse pour 2019 et 2020

La prévision de croissance pour l’Algérie devrait s’établir à 1,8%, contre 1,3% estimé dans le rapport de juin dernier. Cette tendance légèrement haussière de 0,5%, devrait se maintenir pour 2021. Selon la BM, les chiffres de l’Algérie resteront dans les clous des prévisions pour la région MENA où l’on s’attend à une croissance de 1,9% en 2019 contre 1,7% en 2018.

La Banque mondiale a fixé à 2,3% le taux de croissance de l’économie nationale pour 2019, au lieu des 2% annoncés il y a quelques mois. Ce relèvement des prévisions de croissance, renseigne d’abord sur la fluctuosité de la situation financière en Algérie, mais également dans le monde et confirme ensuite, que les rapports de la BM ne constituent pas une vérité absolue et encore moins un signal très sérieux du comportement futur des économies. Il reste néanmoins, un indicateur assez perspicace de la santé économique et financière. De fait, les 2,3% de croissance annoncés dans son rapport rendu public avant-hier soir, peuvent se réaliser ou pas. On retiendra dans ledit rapport un autre chiffre visiblement consolidé qui fixe le taux de croissance de l’Algérie à 2,5% pour l’année 2018. Une performance en deçà des attentes du gouvernement qui avait tablé sur 3%. Mais ce sont-là les conclusions de la BM. Ceux du ministère des Finances nous en éclaireront mieux.
Cela étant, la BM estime que cette légère décélération entre 2018 et 2019 sera le fait «de la diminution progressive des dépenses publiques, qui avaient connu une augmentation considérable l’année dernière», précise l’institution de Bretton Woods. On aura aussi déduit que ce ralentissement est essentiellement impacté par «l’assombrissement des perspectives économiques mondiales» que prédit la BM pour 2019. En effet, la Banque mondiale s’attend à une stagnation de la reprise dans les pays exportateurs de produits de base.
Cette «sombre année» passée, l’on prévoit à la BM, des perspectives moins compliquées pour 2020. De fait, la prévision de croissance pour l’Algérie devrait s’établir à 1,8%, contre 1,3% estimé dans le rapport de juin dernier. Cette tendance légèrement haussière de 0,5%, devrait se maintenir pour 2021. Selon la BM, les chiffres de l’Algérie resteront dans les clous des prévisions pour la région MENA où l’on s’attend à une croissance de 1,9% en 2019 contre 1,7% en 2018. «Les pays exportateurs de pétrole de la région devraient connaître une
légère amélioration, soutenue par les membres du Conseil de coopération du Golfe, dont la croissance est attendue autour de 2,6%.», lit-on dans la note de la BM, qui met en garde contre «de nouveaux conflits dans les économies fragiles (qui) pourraient dégénérer et porter davantage atteinte aux revenus et à l’activité économique des populations», souligne la BM dans ce rapport publié au lendemain de la démission annoncée de son président, Jim Yong Kim. Il y a lieu de souligner, le risque d’une escalade des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, aurait des conséquences néfastes sur la région.
En fait, plus que la situation économique à proprement parler, le rapport de la BM souligne que «des prix (du pétrole) plus bas assombriraient les perspectives de la région, particulièrement des pays exportateurs de pétrole, alors qu’ils pourraient avoir un effet bénéfique sur les pays importateurs». Cela relève de l’évidence, mais sonne néanmoins, comme un avertissement à ceux qui poussent dans le sens de la baisse des prix du baril de pétrole. Cette mise en garde à peine voilée de la BA, intervient à un moment où la guerre des prix fait rage entre les USA d’un côté, l’Opep et ses alliées de l’autre. Entre les deux, l’Algérie qui mise beaucoup sur les exportations d’hydrocarbures, sera impactée d’une manière ou d’une autre. Sauf que le fait que le pays soit totalement désendetté, lui donne une robustesse que d’autres pays pétroliers n’ont pas. En effet, «le niveau élevé de la dette extérieure libellée en devises dans certains pays importateurs de pétrole, donne à penser que ceux-ci risqueraient de souffrir d’une forte appréciation du dollar des Etats-Unis», indique le Groupe de la Banque Mondiale. Il reste que le rapport de la BM peut être démenti sur le terrain, en ce sens que l’Algérie travaille à diversifier l’économie et les premiers fruits viendront conforter son économie dès 2019-2020.

Alger: Smaïl Daoudi