vendredi , 21 février 2020

Les promesses de «compétitivité et d’attractivité»

Rares, très rares sont les citoyens modestes, qui ont entendu parler du fameux «SDAAM», abréviation désignant le schéma d’aménagement de l’aire métropolitaine», un espace territorial devant bénéficier de divers projets d’infrastructures de développement, en matière d’équipement, de logements, de transport et d’environnement…Le «SDAAM», retenu il y a quelques années par nos experts dans les études et exposés officiels sur l’aménagement national du territoire, était présenté comme outil efficace d’urbanisme moderne, permettant «d’orienter l’attractivité des régions et de les ouvrir à l’international». L’objectif au final, étant de planifier de très grandes dépenses publiques, inscrites au registre des secteurs importants, tels que le logement, de transport et de l’environnement…On se souvient ainsi, de cette rencontre organisée, il y a quelques années déjà, au siège de la Wilaya d’Oran, afin de présenter le SDAAM-Schéma directeur d’aménagement de l’aire métropolitaine d’Oran. Une présentation, assurée par les experts de «Dirassat», un bureau d’études tunisien, retenu à l’époque pour «finaliser disait-on, la phase III de ce Schéma directeur d’aménagement de l’aire métropolitaine d’Oran. Aujourd’hui, on serait en droit de s’interroger sur les résultats et l’impact final de cette étude d’aménagement qui, au fil du temps, a montré toute son «inutilité» face à un terrain de gestion, gangrené par la médiocrité et le culte des tâtonnements. Loin de nier ou remettre en cause les compétences certaines de l’opérateur tunisien retenu à l’époque, pour l’élaboration du SDAAM oranais, il faut bien admettre aujourd’hui, que ni l’approche, ni les préconisations des experts, n’ont été retenues et encore moins respectées. Oran et sa proche région ne pouvait connaître, qu’un développement et une croissance urbaine, imposés par la facilité et les flux de pressions, dictant les choix et les priorités. On se souvient ainsi, de l’épisode «modernisation de la ville» et «nouvelle ville d’Oran», qu’un ancien wali voulait implanter à côté de Oued Tlélat, au risque de sacrifier la grande plaine agricole de Mlata, porteuse de potentiel hydrique et agricole considérable. Le projet de «nouvelle ville», corrigé à sa véritable dimension de nouveau pôle urbain, sera en définitive fort heureusement délocalisé, à la sortie ouest de la cité, vers Misserghin. Il ne fallait pas être grand expert en urbanisme pour comprendre la nécessité d’équilibrer l’extension urbaine de la ville, qui jusqu’à présent connaît un formidable élan de modernisation vers la sortie Est. Le plus souvent écartés des débats et des choix retenus sur l’avenir urbain de leur ville, bon nombre d’urbanistes oranais ne veulent même plus évoquer, encore moins dénoncer, les inepties et les paradoxes qui pénalisent on le sait, la croissance urbaine et les pseudo-projets, dits structurants, lancés depuis ces quatre dernières décennies. A l’image du musée du moudjahid, dessiné par un bureau d’études venu de Batna et qui vient d’être en partie démoli pour être «réajusté» aux ambitions de la cité…En quoi le fameux SDAAM, élaboré par des Tunisiens, pouvait «organiser les perspectives de l’aire métropolitaine, en matière de compétitivité et d’attractivité» ? La compétence et le dynamisme du BET Batna, ou du «Dirrassat» tunisien, ne sont certes pas à remettre en cause, bien au contraire. Mais ce qui est à déplorer, réside dans la faillite hallucinante des structures locales, publiques ou privées, qui n’arrivent pas à se développer, à prospérer et à prendre une dimension nationale, voire internationale, digne des ambitions oranaises…

Par S.Benali